Actualités du 29 juin 2020


  • Cette pandémie révèle non seulement les inégalités mais également les failles de notre système, notamment et de manière criante, celles de notre système de santé. Soumis à des années d’austérité néolibérale, le collectif "Santé en lutte" dénoncait déjà ses pratiques avan la crise. Aujourd’hui, ilelles s’organisent pour accompagner au mieux les soignant.e.s dans cette situation difficile. Afin de soutenir celles et ceux qui nous soignent et nous protègent, plusieurs actions sont possibles de chez vous. Nous vous relayons la vidéo de Tout va bien-média sur ce sujet et ci-dessous l’appel du collectif de la Santé en lutte pour lutter avec elles et eux. Merci pour vnotre soutien !


    "Plus que jamais, La santé en lutte a besoin de votre soutien !



    Vous voulez soutenir le personnel soignant en première ligne dans la lutte contre le coronavirus ?


    Vous applaudissez à 20h tous les soirs mais vous sentez bien que ce n’est pas suffisant et qu’il faut aussi dénoncer les coupes budgétaires qui nous ont amenés dans cette situation dramatique dans les institutions de soins ?


    Vous pensez vous aussi qu’après cette épidémie, il faudra se battre pour des conditions de travail dignes ainsi que des soins de santé de qualité et accessibles à toutes et tous ?


    FAIRE UN DON


    En attendant de pouvoir descendre dans les rues nombreuses et nombreux pour porter ces revendications, soutenez le personnel des soins de santé organisé dans La santé en lutte en faisant des dons pour recevoir un t-shirt/une banderole sérigraphiés et en portant ainsi notre message, sur vous ou sur votre balcon !


    L’argent récolté servira exclusivement à organiser la lutte pour le refinancement des soins de santé qui sera plus que jamais à l’ordre du jour de la période post-confinement.


    Nous vous proposons donc de faire des dons à La santé en lutte via la plateforme Growfunding.
    https://growfunding.be/fr/bxl/lasanteenlutte


    Pour tout don supérieur à 15€, vous recevrez un magnifique t-shirt sérigraphié “La santé en lutte” OU une belle banderole sérigraphiée avec un message de soutien à accrocher à votre balcon pour contribuer à diffuser nos revendications


    Suite à votre don vous serez re-contacté·e par email pour les détails de la commande (adresse, t-shirt ou banderole, etc.)


    AFFICHER VOTRE SOLIDARITÉ


    Pour celles et ceux qui ont une imprimante chez eux, imprimez et affichez à votre fenêtre les affiches de ce post.


    Pour celles et ceux qui ont le temps, faites des banderoles revendicatives et déployez-les sur votre balcon.


    Et puis prenez-vous en photo avec votre famille, partagez-les sur les réseaux sociaux avec le tag #lasantéenlutte


    Envoyez-les nous aussi sur lasanteenlutte@gmail.com.


    Merci à toutes et tous pour votre soutien
    #Lasantéenlutte


    Lien pour télécharger les affiches : https://drive.google.com/…/19Gf8pxf7W2OqlPvCl9pmoS7rJ…/view…


    SIGNER LA PÉTITION


    "Maintenant on soigne, après nous réglerons nos comptes"


    Pour un refinancement des soins de santé, pour une amélioration des conditions de travail et pour un accès juste et gratuit pour toute la population, signez notre pétition !


    https://lasanteenlutte.org/signer-notre-petition/?fbclid=IwAR0zLflUYe6fgGXps1OlKbfMhmbqRTMTDgV-SQIf9NcuR79TdeMvlGJk4IA


    Si votre organisation ou association désire signer en son nom notre pétition, envoyez nous un e-mail à lasanteenlutte@gmail.com



    https://lasanteenlutte.org/la-sante-en-lutte-a-besoin-de-v…/


    Merci à toutes et tous pour votre soutien
    Merci aux ami.e.s du Réseau ADES pour leur travail de sérigraphie et leur aide."


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     



  • Merci aux BAP ! En ces temps de confinements, de nombreuses personnes souhaitent aider les paysan.ne.s qui font face à une situation particulière. D’habitude, les BAP sont un outil qui permet à n’importe qui de venir en soutien aux fermes qui en font la demande.


    Mais le confinement a compliquer la situation, à la fois pour le secteur agricole traditionnel dont une partie des travailleurs.euses saisonnier.e.s sont coincés dans leurs pays de résidence...


    ...Mais aussi pour les fermes qui font en général appel à des bénévoles, ami.e.s, voisins, pour des coups de main ponctuels en ces débuts de tâches paysannes printanières.


    LES BAP ONT DONC UN RÔLE À JOUER (et donc nous aussi) dans ce contexte !
     


    Les BAP en temps de COVID ?

    Youpie ! Le site web a été mis à jour ! Avec des nouveaux chantiers...
    > https://brigadesactionspaysannes.be





    Et afin de nous montrer solidaires avec les paysan-ne-s en ces temps de crise, les chantiers reprennent, avec, bien entendu, quelques adaptations - précautions légales et sanitaires - reprises ci-dessous.


    > Pour les question c’est damien@quinoa.be

    > Plus d’infos sur les dispositions COVID ici



    > Pour les chantiers c’est par ici





     


  • Deux cycles - deux formules ! 


    Le cycle « Orme » est un cycle d’initiation à la cuisine écologique et politique il qui se déroule sur 5 soirées de octobre à décembre 2020 


    Le Cycle « Laurier » est un cycle d’approfondissement qui se déroule sur 8 journées de octobre 2020 à juin 2021, qui s’adresse à ceux et celles qui aimeraient aller plus loin dans leur réflexion et leurs pratiques de la cuisine écologique et politique au quotidien. 


    Pour l’instant le nombre d’inscrit.e.s est limité à 10 mais nous espérons pouvoir augmenter en fonction des mesures qui seront communiquées par le conseil national de sécurité.


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    Cycle "Orme" : initiation à la cuisine écologique et politique


    Faire évoluer son regard sur l’alimentation, adopter de nouveaux réflexes culinaires et développer sa créativité et sa technique, tels sont les objectifs du Cycle Orme : initiation en cuisine écologique et politique, proposé par Rencontre des Continents et ses volonterres. 


    Il allie réflexion et pratique pour mieux comprendre son assiette, l’organiser de manière écologique, et expérimenter concrètement et collectivement tout cela dans une ambiance conviviale !


    Le prochain cycle se déroulera sur 5 Mardis soir de Octobre à Décembre.


     


    Les dates  :


    Mardi 6 Octobre


    Mardi 20 Octobre


    Mardi 10 Novembre


    Mardi 24 Novembre


    Mardi 8 Décembre


     


    de 18h15 à 22h15


     


    Infos et inscriptions :


    http://rencontredescontinents.be/Cycle-Orme-Initiation-a-la-cuisine-ecologique-et-politique.html


     


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    Cycle « Laurier » : cycle d’approfondissement en cuisine écologique et politique


     


    Nous prendrons le temps d’aborder d’autres thèmes que lors du cycle d’initiation, afin d’approfondir les questions liées à l’alimentation et ses interactions avec le monde. Nous mettrons en pratique d’autres techniques culinaires par la réalisation collective d’un repas lors de chaque séance.


     


    L’objectif de cette formation est donc d’approfondir notre réflexion ainsi que des pistes pratiques pour pouvoir se nourrir au quotidien en respectant à la fois à notre santé, notre environnement et notre convivialité


     


    Le prochain cycle se déroulera sur 9 dimanches de octobre à juin (une table d’hôte étant prévue le dernier dimanche).


     


    Les dates :

    25 Octobre
    22 Novembre
    13 Décembre
    10 Janvier
    7 Février
    21 Mars
    25 Avril
    23 Mai
    20 Juin


     


    de 14h30 à 20h30


     


    Infos et inscriptions :


    http://rencontredescontinents.be/Cycle-Laurier-Approfondissement-en-cuisine-ecologique-et-politique.html


  • La situation récente nous a démontré que la résilience de l’économie est aussi importante que sa productivité et sa compétitivité. Une transition écologique et sociale permettra d’éviter, de retarder ou d’atténuer les effets des crises futures. Le Résilience Management Group, composé de scientifiques et d’entrepreneur·e·s de la transition écologique, a élaboré un projet de plan de mesures pour aider les autorités à y parvenir : le plan ‘Sophia’.



    Plus de 100 scientifiques et 182 entreprises de la Coalition KAYA ont
    travaillé de manière collaborative afin de proposer un plan de
    transition pour notre pays. Ensemble, ils ont concilié la réflexion et
    l’expérience de terrain pour instaurer un plan contenant plus de 200
    mesures réparties dans 15 domaines.


    L’objectif ? Enclencher immédiatement la transition vers une économie durable, pour éviter de nouvelles crises systémiques qui seraient inévitables si la relance se faisait à l’identique.


    En savoir plus ? https://www.groupeone.be/plansophia/


     


    Elaboré par le Resilience Management Group


  • Une BD pour lever un voile sur le monde de la finance...


    Les banques, nos vies, le système financier et cette crise financière (re)annoncée... difficile d’y comprendre quelque chose...et pourtant, on a bien conscience qu’il y a quand même des enjeux là-derrière... Alors quand une ex-banquière et un dessinateur-fromager s’unissent pour nous expliquer tout ça, on a bien envie de les soutenir !



    Jeremy Van Houtte est un peu ours, très illustrateur et aussi fromager.


    Aline Fares est très bretonne, un peu belge, et parle beaucoup… finance.



    Les voilà embarquées dans une aventure commune... créer une bande dessinée inspirée par la conférence gesticulée Chroniques d’une ex-banquière.


    Tous deux proposent donc de nous accompagner dans la découverte (c’est déjà pas mal !) et même la compréhension (incroyable !) de ce monde obscur et épais.. le système financier. De son fonctionnement de base... à ses dérapages.. en passant par la façon dont tout cela impacte nos vies.. il n’aura plus de secret pour vous !


    Pour soutenir cette création,


    Un manuel animé pour nous expliquer les rouages des "sauvetages des banques"...


    En attendant la sortie de la BD, ils nous concoctent un manuel animé "Sauvetages bancaires en temps de pandémie", qui a pour vocation d’éclairer les mécanismes à l’oeuvre derrière les grands sauvetages et autres plans de relances annoncés par les gouvernements pendant la période de la pandémie de Covid 19. Qui est sauvé, et avec quel argent ? Qui risque de payer la facture ? Et pourquoi, encore une fois, les banques se trouvent-elles au centre de toute cette affaire et sont-elles les premières bénéficiaires des soutiens publics ?


    Vous pouvez déjà découvrir

    • l’introduction...



    [Manuel animé] SAUVETAGES BANCAIRES PAR TEMPS DE PANDEMIE - INTRODUCTION

    • le premier chapitre consacré à ce que les banques financent : crédits, titres financiers, c’est quoi et ça finance quoi au juste ?



    [Manuel animé] SAUVETAGES BANCAIRES PAR TEMPS DE PANDEMIE - CHAP.1 : QUE FINANCENT LES BANQUES ?


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    Plus d’infos sur le travail effectué par Aline et en particulier un de ses articles récents sur les dettes et l’agriculture : >> https://alinefares.net

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    En bonus :  un petit glossaire (en tout petit pour rien comprendre :)) pour ceux.celles qui veulent amorcer leur processus interne de clarification financière !


    Dans l’ordre d’apparition des termes dans la video, traduction en anglais entre (...)]


    CREDIT (loan) : emprunt effectué auprès d’une banque


    TITRE FINANCIER (security) (ou "Produit financier" ou "Instrument financier") : reconnaissance de dette qui constitue une valeur mobilière, échangeable. Les actions et les obligations sont des titres financiers.

    ACTION (share) : part du capital d’une entreprise. Les actionnaires sont donc les propriétaires du capital d’une entreprise. La détention d’actions donne droit à des dividendes, c’est-à-dire au versement annuel, par l’entreprise, d’une partie des bénéfice réalisés.


    OBLIGATION (bond) : titre de dette émis par une entreprise ou une administration publique et vendu sur les marchés. Sa détention donne droit à des intérêts périodiques (mensuels, annuels, ...) et au remboursement du capital lorsqu’il arrive à échéance.

    BANQUE COMMERCIALE ou "Banque de dépôt" ou "Institution de crédit" (retail bank) : banque dont l’activité principale consiste à octroyer des crédits aux particuliers, aux entreprises et aux administrations publiques, à collecter l’épargne, et à fournir des services de paiement (par carte, retrait, virement...).


    BANQUE D’AFFAIRE ou « banque d’investissement » (investment bank) : banque dont les activités sont menées sur les marchés financiers ou en lien direct avec ceux-ci. Elle peut également faire du conseil et de la gestion pour le compte d’entreprises (augmentations de capital, introductions en bourse, émissions d’emprunts obligataires, etc.) et d’états (émissions
    obligataires). Une banque d’affaires finance ses activités en empruntant aux autres banques et aux autres acteurs des marchés financiers (assureurs, fonds d’investissements, fonds monétaires, hedge funds,...).

    BANQUE UNIVERSELLE (universal bank) : banque regroupant et exerçant les différents métiers de la banque de dépôt, de la banque d’affaires et d’assureur. C’est le cas des très grandes banques dont il est question dans cette vidéo : ce sont d’immenses conglomérats financiers, actifs sur tous les métiers financiers, à l’échelle internationale. [ce mot n’apparaît pas dans la vidéo mais est souvent utilisé lorsqu’on parle des activités bancaires]


    MARCHE SECONDAIRE (secondary market) : marché où s’effectuent des négociations et des transactions relatives aux instruments financiers déjà en circulation. Celles-ci peuvent être réglementées (la Bourse), de gré à gré (non régulé, directement entre le vendeur et l’acheteur) ou effectuées par certaines institutions financières (banques, fonds...) qui peuvent exécuter les ordres d’achat au nom de leurs clients.

    BILAN (balancesheet) : document comptable qui évalue la situation patrimoniale d’une entreprise (exemple au hasard : une banque) à intervalles régulier (en général : trimestriel). D’un côté, il y a les biens de l’entreprise (ses "actifs" en langage comptable, ce qu’elle possède). En font partie, par exemple, les immeubles dont elle est propriétaire, son parc de véhicules ou de machines, ses stocks (matières premières, marchandises) qui pour une banque sont constitués des crédits contractés par ses clients et des titres financiers. De l’autre côté se retrouvent les sources de financement de l’entreprise (ses "passifs" en langage comptable, ce qu’elle doit). Il s’agit par exemple du capital investi par les actionnaires, de réserves et "bas de laine" constituées à partir des profits générés par l’activité, d’emprunts effectués auprès de banques (crédits) ou sur les marchés financiers (obligations) mais aussi de dette auprès de ses clients (argent dû aux client.e.s, dans le cas d’une banque : les dépôts et les comptes épargne. [tout ceci est détaillé dans les chapitres 2 et 3 du manuel animé]



     


  • Le collectif "Mères au Front – Moeders in de Weer" est né au début du mois de mai, à l’initiative de Laure Waridel, écosociologue québécoise à l’origine de l’aventure outre-Atlantique.


    Aucune description de photo disponible.


    Ce collectif écoféministe et inclusif rassemble des citoyennes et citoyens mu.e.s par l’amour pour le vivant et la colère devant l’inaction des dirigeantes et dirigeants face aux noumbreux défis qui touchent notre société.


    Une première action a été menée à l’occasion de la fête des mères, le 10 mai dernier, sous forme d’une invitation à inonder les réseaux de coeurs verts reprenant des rêves d’avenir.. ceux des adultes mais aussi des enfants !


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    Au sortir de ce confinement qui a eu un effet loupe sur les inégalités présentes au sein même de nos familles et de nos sociétés, le collectif s’apprête à lancer sa seconde action, prévue le 14 juin. 



    Elle a notamment pour objectif de demander l’allongement de ce qu’on ne veut plus entendre appelé « congé paternité » avec à la clé un vrai droit, pour le papa ou le co-parent, à consacrer du temps lors de l’arrivée d’un enfant car selon l’adage, « il faut tout un village pour élever un enfant ».
    Il est aussi prévu de dénoncer les stéréotypes sexistes autour de la parentalité.


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    Pour en savoir plus, https://www.facebook.com/meresaufrontmoedersindeweer/photos et mothersstepin.be


  • CabasCoopérative Alimentaire Belge des Artisan.e.s Solidaires, réunit celles et ceux qui souhaitent coopérer et mutualiser des services, des moyens, et des savoirs pour mieux répondre à la demande d’une alimentation bio, locale et éthique. Le lancement des activités est prévu pour le mois de septembre.


    Soutenez-les dès maintenant en devenant coopérateur.trice ! 


     


    Pour en savoir plus sur le projet et la prise de parts, consultez leur site web et suivez leur parcours sur facebook



    Vous êtes un.e citoyen.ne, une association, un groupement citoyen, un magasin coopératif, une entreprise, et vous souhaitez soutenir une alimentation locale et durable, rejoignez-nous dès maintenant !


    Cabas rassemble des artisan.e.s au sein d’une même coopérative
     
    CABASCoopérative Alimentaire Belge des Artisan.e.s Solidaires, réunit celles et ceux qui souhaitent coopérer et mutualiser leurs moyens, services et savoirs. Ces artisan.e.s du changement vers un autre modèle alimentaire proposent une alternative locale, bio, saine et durable pour les personnes et l’environnement. Pour cela, ils ont besoin d’être soutenu.e.s et de se structurer pour répondre à la demande.
     

    Pourquoi soutenir la coopérative maintenant ?
     
    Actuellement, la coopérative est en phase de lancement. Les artisans se regroupent et posent les bases du projet. Les moyens dont la coopérative disposera dans les prochains mois détermineront l’ambition du projet. Nos besoins financiers s’élèvent à 50.000 euros pour le lancement des activités. En prenant part à la coopérative à cette étape du processus en tant que sympathisant, vous permettez au projet de prendre son envol.
     

    A quoi vont servir les fonds récoltés ?
     
    Une part à la fois, chaque personne qui nous rejoint nous rapproche d’une coopérative solidaire et durable. Aujourd’hui, votre participation permet :

    • La mise en place d’un hub logistique
    • L’achat du matériel nécessaire au démarrage des activités
    • Le développement du logiciel de gestion des activités commerciales
    • Le développement des outils de communication
     
    Comment prendre part ?


    Vous pouvez prendre une ou plusieurs parts sympathisant (part D).


    La valeur d’acquisition d’une part est fixée à 50 euros pour que tout le monde puisse contribuer. Nous invitons celles et ceux qui le peuvent à prendre plusieurs parts. Vous pouvez bénéficier de 45% d’impôt via le tax shelter.
     
    CABAS bénéficie du label Fairfin qui garantit un investissement éthique et solidaire.
     
    Pour prendre part, cliquez sur le bouton ci-dessous, sélectionnez si vous êtes un particulier ou une entreprise pour pouvoir vous enregistrer, prendre des parts et les gérer en toute sécurité.

    Prendre part

    Vous voulez en savoir plus ?


    Nous organisons des séances d’information. Inscrivez-vous, on se réjouit de vous rencontrer !


    Allez faire un tour sur notre site web et likez notre page facebook.


    N’hésitez pas à transférer ce message (proches, familles, ami·es, collègues…). C’est un petit coup de pouce qui peut faire une grande différence. Merci !


    Egle et Mathilde pour 


     


  • Le Pedalo, c’est le dernier-né des supermarchés coopératifs bruxellois, participatif et à but non lucratif, créé par des citoyen.ne.s pour des citoyen.ne.s pour la zone Gare Etterbeek/Cimetière d’Ixelles.


     



    Le projet est cours de création, rejoignez-le pour montrer son intérêt à éclore. Plus d’infos ? Envie d’être tenu.e informé.e ? Envie de vous impliquer (financièrement, activement, …) ? Participez aux prochaines séances d’infos les :


    Mercredi 1er juillet
    Jeudi 9 juillet
    Mercredi 15 juillet
    Jeudi 23 juillet
    Mercredi 29 juillet


     


    Toutes les infos par ici :
     http://www.lepedalo.be/seances-dinformations/


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    Ce mois-ci, nous sommes allés à la rencontre de Ahmed Ouamara, directeur de l’AMO Alhambra et actif depuis plus de 20 ans sur le quartier de Cureghem, pour mettre en perspective la situation dans les quartiers dits « populaires » et prendre du recul suite aux violents événements qui ont eu lieu.
     




    L’asbl Alhambra est une institution qui a plus de 20 ans et qui a vu le jour suite aux émeutes de 1997. C’était, au départ, une maison de quartier qui a eu, part la suite, l’opportunité d’être reconnue en tant qu’AMO (service d’Action en Milieu Ouvert) et travaille aujourd’hui avec des jeunes de 0 à 22 ans, et donc, des familles.



    Ahmed est né et a grandi dans le quartier populaire. Il a ensuite voulu partir à la découverte d’autres réalités grâce, entre autre, à des échanges internationaux. Après avoir acquis de l’expérience de travail à Ixelles (tout en ayant assuré la présidence de l’association), il a décidé de revenir à ses racines pour renouer avec le terrain qui l’a vu grandir en devenant directeur de l’AMO.
     
    C.H. (Cédric Hellemans, animateur chez Rencontre des Continents)  : En quoi consiste votre travail, en quelques mots ?
     
    A.O. : Le travail d’AMO, c’est surtout un travail de prévention. il faut savoir que dans l’aide à la jeunesse, la plupart des services sont mandatés. Nous, nous sommes "non-mandatés", donc on travaille à la demande du jeune et des familles. C’est donc un travail en amont autour de différentes thématiques, ça peut être des problématiques telles que les difficultés scolaires, le décrochage, les violences familiales... Des questions de la vie de tous les jours, des soucis que les familles et les jeunes peuvent rencontrer, ici, dans le quartier de Cureghem. C’est vraiment un travail de première ligne, avant que les problèmes n’apparaissent. A mon niveau, après avoir acquis de l’expérience autre part, notamment à Ixelles, j’ai eu envie de revenir travailler ici.
     
    C.H. : Pourquoi ?
     
    A.O. : Ben, parce que je me sens redevable. il y a cette envie de revenir là ou tout à commencé. C’est ici que j’ai été formé, que j’ai pris conscience des réalités. Puis je me suis dit : « C’est la moindre des choses, de revenir et d’apporter une partie de mon expérience  ». Et ce qui est intéressant, quand tu as travaillé en dehors de ton quartier, de là où tu es né,c’est que tu peux avoir une forme de recul, t’intéresser à des choses qui ne vont pas nécessairement susciter ton intérêt quand tu grandis ici. Par exemple, l’agro-écologie, l’apiculture, le bien être alimentaire et tout ça. Ce sont des choses qui m’ont intéressé parce que j’ai été voir ailleurs, j’ai fait des échanges internationaux, etc. Donc, j’ai acquis tout ça à l’extérieur. Parce qu’ici, il faut être réaliste, on était enfermé dans un espèce de carcan.
     
    C.H. : Vous avez co-écrit un article dans Le Monde Diplomatique « Avec les jeunes de Bruxelles enfermés dans leur quartier » en 2008. un article du Vif, en 2015, revient dessus, après qu’il ait tourné sur les réseaux sociaux, en disant qu’il est encore vraiment d’actualité. Aujourd’hui même, lorsqu’on le lit, on se dit qu’il aurait pu être écrit hier. Rien ne change à Cureghem ?
     
    A.O. : Cet article date. Depuis, nous avons fait un travail avec une approche plus scientifique sur le sujet avec l’ULB, avec Andrea Réa. Les jeunes des quartiers comme Woluwe ou Uccle ont parfois des activités à l’autre bout de la ville, ils ont un cours de musique à Schaerbeek, sortent à Bruxelles-ville et font du shopping à Ixelles et du sport à Auderghem. Les jeunes d’ici sortent effectivement moins de leur quartier. C’est paradoxal parce que beaucoup d’entre eux ont voyagé à l’autre bout du monde, en Thaïlande, en Indonésie… Par contre, « Watermael-Boisfort », ils ne connaissent pas du tout. Il vont voir ce qui se passe loin mais ce qui est plus proche, en Belgique, ils ne connaissent que très peu. La mobilité est un enjeu important. 
     
    C.H. : Au niveau des activités proposées, avec Rencontre des Continents, il y a quelques années, quand on disait qu’on voulait faire des cycles d’ateliers de cuisine avec une dimension écologique et politique dans des quartiers dits « précarisés », on essayait de nous dire que ça ne marcherait pas, qu’ils ne fallait pas les « embêter » avec la dimension politique, qu’il fallait faire des ateliers « one shot » et juste laisser des recettes aux gens...
     
    A.O. : Oui, il y a ici, tout un travail éducatif qui a été mis en place à partir de logiques très occupationnelles. Par exemple si on parle du contenu de l’assiette, les gens sont tellement dans ces logiques ici, qu’on va dire "non, ça ne va pas intéresser les habitants". Parce que, eux, sont convaincus par ça et parce que, eux, ça ne les intéresse pas. Et c’est vrai que si tu n’as pas une certaine forme de recul, tu peux y croire. Mais, non, ça peut intéresser. Tout dépend de la manière dont c’est amené. Il ne faut pas nécessairement travailler qu’à la demande mais il faut se demander comment on va amener le projet, comment on va inciter les gens à s’y intéresser.


    C.H. : Et avoir cette logique là, vouloir faire de l’« occupationnel », vouloir nous dissuader d’aborder ces thématiques-là dans les quartiers plus « populaires », est-ce que ça n’a pas comme conséquence de cloisonner les quartiers ?


    A.O. : Oui, c’est une manière de cloisonner pourtant ça a du sens pour les gens. Moi, je parle de ces thématiques, l’agro-écologie, le bio, la mondialisation… Quand tu regardes, je prends l’exemple de mon père. Mon père est paysan, c’est un fermier à la base. Au pays, il travaillait des terres agricoles, il avait des orangeraies, etc. Il travaillait la terre de ses mains, tu vois... Ma mère, lorsque je parle avec elle, elle me dit qu’elle faisait du levain quand elle était petite. Pour faire le pain, il n’y avait pas de levure chimique. Maintenant, elle me dit qu’elle aimerait réapprendre cette technique. En fait, beaucoup de nos parents sont intéressés par ça parce qu’ils l’ont vécu, eux-même.


    Nous avons un projet au Peterbos autour de l’apiculture et de l’agro-écologie. Et on a discuté avec les habitants, ce sont des gens qui nous disent qu’ils faisaient ça au pays, que ça les intéresse, qu’il aimeraient bien planter et produire les aliments et ainsi de suite.


    Je pense que ça intéresse les habitants. J’ai fait des projets avec les jeunes sur le bio, ça fonctionne. Le problème, et j’ai un avis critique assez tranché sur les travailleurs sociaux, c’est que je pense que ça n’intéresse pas les travailleurs sociaux. Ils ne sont pas très formés et ils disent que ça n’intéresse pas le public mais fondamentalement, ce sont eux qui ne sont pas emballés par ça. S’ils se motivent pour cela dans leur quotidien, ils auront envie de le partager avec d’autres, ils deviendront porteurs de l’initiative.


    Tout dépend de la manière d’amener les choses. Il ne faut pas culpabiliser les gens, leur dire que s’ils ne font pas attention, on va vers l’extinction des êtres humains… Il ne faut pas leur faire porter tout ça, surtout avec des citoyens qui ont déjà des difficultés. Je pense qu’on peu ramener la chose en la liant à leur bien-être alimentaire, et partant de choses positives…


    Ici, on a eu un projet avec des jeunes pour mettre en place une coopérative bio pour fournir des paniers bio aux citoyens et ça a fonctionné… On fait les « Midis de l’Alhambra » pour accueillir des jeunes et leur proposer un repas équilibré, une soupe… Tout cela, on doit le travailler avec les nouvelles générations.


    C.H. : Dans des quartiers comme Ixelles, on a l’impression que les projets qui vont dans ce sens fleurissent, que les magasins bio poussent comme des champignons, que des sujets comme l’agro-écologie sont abordés avec les jeunes, que les alternatives sont encouragées… et à Cureghem ça semble moins le cas. Pourquoi ?


    A.O. : A Ixelles, il y a une population plus aisée, des expatriés, des gens qui ont les moyens… A Cureghem, il y a une certaine réalité socio-économique et historique qui fait que ça ne semble pas être une priorité pour le politique. Mais c’est faux. Quand tu regardes les baromètres de la santé, par exemple, dans le quartier, le taux de mortalité est plus élevé, on va plus être atteints de maladies cardiovasculaires, de diabète, de problèmes de cholestérol… Ce sont des maladies qui sont liées à l’alimentation.


    C.H. : Il y a donc un intérêt…


    A.O. : Oui, clairement, il y a un intérêt mais je pense qu’au niveau politique, ce n’est pas « électoralement » intéressant. C’est un risque de ramener ces sujets-là au niveau politique dans nos quartiers. Mais on peut le ramener autrement, on pourrait parler des cantines des écoles. Si le politique propose des projets pour améliorer l’offre des cantines, ça va parler aux familles.


    C.H. : C’est le cas sur Schaerbeek où les cantines des écoles primaires et des crèches sont passé en bio…


    A.O. : Oui mais là, comme à Ixelles, Écolo est fort représenté. Et attention, l’écologie ne devrait pas être portée seulement par Écolo, c’est un enjeu qui devrait être porté par tous les partis politiques. Et les associations doivent être derrière.


    C’est comme les problèmes scolaires, ce sont des problèmes systémiques. Ça fait 15 ans que l’on lutte contre le décrochage scolaire, si on agit que sur l’école, ça ne suffira pas. Car il y a d’autres difficultés, d’autres réalités. On sait que les problèmes liés à l’alimentation, pour des gamins, c’est super important mais on ne peut pas agir que sur les conséquences. Il faut aussi agir sur les causes, mettre les choses en lien… Pour ce qui est lié à l’écologie, la mondialisation, c’est la même chose. « Il faut penser globalement pour agir localement » comme on dit.


    C.H. : En ce qui concerne la mondialisation justement, est-ce que les habitants de quartiers comme Cureghem sont aussi bien « protégés » contre les conséquences de la globalisation que les autres ?


    A.O. : Il faut informer. Nous sommes concernés par la mondialisation : Amazon qui livre n’importe quoi chez vous, Ryan Air et ses billets à 10 euros… Les gens d’ici ne savent pas ce qu’il y a derrière et donc ils voient d’abord l’opportunité économique. Nous sommes à la fois les victimes et les bourreaux dans ce système. Aller voir la famille au bled pour ce prix-là, c’est super. Mais on ne voit pas ce qu’il y a derrière, l’exploitation des travailleurs…


    La question, c’est d’être conscients des réalités mondiales. Il faut encourager une certaine forme de « sacrifice », savoir s’impliquer même si on ne bénéficie pas directement du fruit de notre investissement. Et nous avons un rôle important à jouer, nous sommes des structures d’éducation. Notre rôle, c’est d’éduquer, d’aider à porter un autre regard. Et c’est crucial, la solidarité dans les quartiers, il y en a beaucoup, avec les voisins, etc. Mais la solidarité, elle doit être mondiale, ils faut que les gens se rendent compte qu’à Abidjan, il y a quelqu’un qui est dans les mêmes conditions qu’eux, peut-être dans un autre contexte mais ils souffrent du même problème. Et là, la classe politique ne fait pas assez. On cloisonne, on est dans des logiques d’assistanat et tout cela contribue à une forme de domination.


     


    C.H. : Merci Ahmed Ouamara.


  • Ce confinement et les nombreux événements ici en Belgique et partout dans le reste du monde, exacerbe les inégalités criantes et systémiques et révèle selon nous l’urgence de se positionner face à ce qui nous arrive. En ce sens, nous pensons important de vous relayer comme pépite pour ce mois-ci la réfléxion étoffé de Julien Didier du réseau Mycelium. Comme le dit Djamila Ribeiro, féministe noire, chercheuse en philosophie politique et activiste : "Le silence rend l’individu éthiquement et politiquement responsable de la perpétuation du racisme. Le changement dans la société ne se fera pas uniquement avec des dénonciations, ou la répudiation morale du racisme : il dépend avant tout, de postures à prendre et de l’adoption de pratiques antiracistes." 


    Crédit photo (ci-dessus) :Thomas Baudouin - Wide Open.


    Source de l’article, site de Mycelium : ici



    "Face à l’indignation généralisée causée par la mort de
    George Floyd et aux mobilisations importantes ayant lieu aux États-Unis
    et dans le monde, nous voulons questionner le silence de beaucoup de
    mouvements écologistes au sujet des questions de racisme et de violences
    policières. Plus qu’un soutien timide, il est nécessaire selon nous que
    les mouvements écologistes apprennent à se positionner sur ces
    questions et à prendre part activement à la lutte contre le racisme,
    mais sans y voler la place des personnes concernées. Voici pourquoi.


    Vous avez difficilement pu rater l’information : le 25 mai dernier,
    George Floyd était assassiné à Minneapolis par un policier le maintenant
    à terre jusqu’à l’étouffer et le tuer. Ce crime n’est malheureusement
    qu’un seul cas parmi un longue liste de personnes noires tuées aux
    États-Unis par la police, après Breonna Taylor, Tony McDade, Ahmaud Arbery et bien d’autres avant elles et eux.


    Mais celui-ci a été le déclencheur d’une vague d’indignation et de protestation très forte aux États-Unis,
    d’énormes manifestations et mouvements de révolte ont lieu dans plus de
    300 villes américaines dans les 50 états. Au nom du slogan et du
    mouvement Black Lives Matter, ces millions de personnes demandent que
    justice soit faite et que cessent les crimes répétés et impunis contre
    des personnes noires,
    qui font face à un risque d’homicide par la police beaucoup plus élevé que le reste de la population.


    Alors que de très nombreux mouvements sociaux à travers le monde ont montré leur soutien au mouvement Black Lives Matter, on
    peut observer un silence assez important dans les mouvements
    écologistes, peu habitués à parler de violences policières ou de racisme
    systémique
    . Pourtant, nous pensons que rester silencieux.se.s
    face à ces questions n’est plus une option, y compris lorsque notre
    engagement social se concentre sur les questions écologiques et
    peut-être surtout pour cette raison.

    Derrière un soutien de façade, la difficulté à réellement prendre position


    Beaucoup de militant.e.s écologistes se considèrent
    « progressistes », se proclament en soutien d’une plus grande égalité et
    contraires aux idéologies racistes et suprémacistes. De même, les
    mouvements écologistes ne sont en général pas considérés a priori comme
    étant hostiles à la lutte contre le racisme, hormis des franges conservatrices ou réactionnaires dont il ne faut pas nier l’existence et la capacité de nuisance.


    Pourtant, il est encore souvent compliqué d’obtenir des
    prises de position claires au sein de beaucoup de mouvements et
    d’organisations écologistes ou environnementalistes
    et les
    personnes qui tentent de faire bouger les lignes font souvent face à des
    arguments tels que « ce n’est pas notre priorité principale », « ça
    risque de diviser nos membres », « l’écologie doit être un combat pour
    tout le monde », « c’est évident qu’on n’est pas racistes » ou encore
    « oui c’est important, mais la réelle urgence c’est le changement
    climatique ».


    Le débat en restera souvent là, surtout quand la question n’est
    soulevée qu’à l’occasion d’événements faisant la une de l’actualité,
    tels que la mort de Georges Floyd ou des insultes lors d’un festival de
    musique, puisque, depuis la perception des personnes qui n’en font pas
    l’expérience, en-dehors de ces événements épisodiques, le racisme
    n’existe pas au jour le jour.


    Selon nous, plus qu’un problème de priorité dans l’agenda, il apparait à travers ces attitudes que nos
    mouvements sont en fait au mieux ignorants ou au pire mal à l’aise avec
    la question du racisme, quand il ne contribuent pas eux-même à
    invisibiliser la lutte antiraciste
    comme lors de l’action
    « Occupy for Climate » organisée en dernière minute le même jour que la
    manifestation nationale contre le racisme, en mars 2019. On peut aussi y
    déceler la peur d’offusquer une partie de nos bases militantes, qui se
    pense sans doute ouverte d’esprit mais qui sera vexée lorsqu’on aborde le privilège lié au fait d’être blanc.he
    ou aura des difficultés à concevoir l’importance de combats
    antiracistes actuels, tels que la dénonciation du racisme derrières des
    figures folkloriques et carnavalesques, le démontage de statues
    glorifiant l’histoire coloniale de la Belgique ou la lutte contre les
    violences policières auxquelles sont confrontées les personnes racisées
    (c’est-à-dire qui sont victimes de racisme).

    L’écologie sans l’antiracisme, un non-sens


    En choisissant de ne pas parler de cette question, nous nous tirons pourtant une balle dans nos pieds écologistes, car nous
    ne comprenons pas à quel points les causes écologistes, décoloniales et
    antiracistes sont liées à leurs racines, pour trois raisons au moins
    .


    Premièrement, quand nous critiquons les modèles de développement
    capitalistes et fondés sur la croissance comme étant les principaux
    responsables des crises écologiques, nous oublions trop souvent que le capitalisme n’a pu mener une telles entreprise de destruction qu’en étant étroitement lié à la colonisation et l’exploitation de peuples et des territoires hors de l’Europe. Malcolm Ferdinand rappelle ainsi dans son essai « une écologie décoloniale »
    à quel point il est important de comprendre que les racines de la
    destruction écologique se trouvent dans le développement d’un « habiter
    colonial » de la terre, qui réduit la terre, les femmes et les
    populations non-blanches à l’état d’objets pour se permettre de les
    exploiter. La colonisation a engendré la déforestation des forêts
    tropicales, l’exploitation de millions d’êtres humains, le développement
    de monocultures intensives et a posé les bases actuelles de la
    mondialisation. Pour justifier cette entreprise de domination, il
    fallait aussi un argument civilisationnel, et c’est à ce moment que le racisme moderne a été construit comme un système de valeur permettant de justifier la domination et l’exploitation des populations réduites en escalavage. 


    Deuxièmement, par son ambition universaliste, l’écologie (et encore
    plus les mouvements de luttes climatiques) se veut une cause qui
    concerne l’entièreté de la population, puisque nous serions « tous dans
    le même bateau » face aux catastrophes écologiques et climatiques.
    Cette lecture de la situation se veut certes altruiste, mais elle
    occulte le fait que les catastrophes écologiques frappent toujours plus
    vite et plus fortement les populations paupérisées et marginalisées, à
    l’échelle du monde et au sein de chaque pays ou région. Cela inclut les
    femmes, les personnes LGBTQI+, les populations indigènes,…ainsi que les
    personnes non-blanches, en particulier noires. Les effets du racisme
    sont structurels et multiples et affectent la santé physique, la santé
    mentale, l’accès aux études, à un emploi, à un logement décent, et à un
    espace public non-menaçant. Tous ces facteurs renforcent très fortement
    la vulnérabilité des personnes racisées, qui souffrent avant d’autres de
    canicules, de pénuries alimentaires, de la sécheresse ou encore des traumatismes psychiques causés par ces catastrophes, qui sont renforcés par les traumatismes issus du racisme . Nous
    devons donc comprendre que lutter contre les effets destructeurs de 
    futures catastrophes écologiques passe dès maintenant par la lutte
    contre la marginalisation et l’exclusion de groupes sociaux entiers, y
    compris en Belgique
    .


    Enfin, il est aisé de constater que les mouvements écologistes sont
    très majoritairement composés de personnes blanches de classe moyenne et
    supérieure. On entend souvent que cette homogénéité sociale serait due
    au manque d’intérêt des personnes non-blanches, qui ne partageraient pas
    la même conscience écologique (par un argument issu du racisme
    culturel) ou parce qu’elles auraient d’autres sujets de préoccupation
    plus urgents (ce qui serait en fait déjà complètement légitime). Or, de
    récentes enquêtes menées aux États-Unis montrent que les personnes non-blanches se déclarent en général plus préoccupées par les questions environnementales
    que les personnes blanches. En réalité, avoir des difficultés à obtenir
    un emploi ou un logement décent n’empêche pas de se soucier de la
    qualité de l’air qu’on respire, ces questions peuvent au contraire se
    renforcer. Si des personnes intéressées par les questions
    écologistes ne se retrouvent pas dans nos mouvements, cela signifie que
    s’y perpétuent des mécanismes d’exclusion et le fait de ne pas vouloir
    aborder plus clairement les questions de racisme y contribue sans doute
    .
    Ce faisant, nos mouvements se coupent d’une partie entière de la
    population et de ses revendications, maintenant de fait une division
    bien plus profonde que celle qui serait causée par une discussion
    inconfortable sur le racisme dans un mouvement majoritairement blanc.

    « Ne pas être raciste ne suffit pas, il faut être antiraciste »


    Reste maintenant à savoir comment les mouvements écologistes peuvent
    se rendre activement solidaires de la lutte antiraciste et comment le
    faire de manière juste, notamment sans reproduire eux-mêmes de
    dominations qu’ils cherchent à combattre.


    Précisons d’abord de ce dont on parle quand on parle de racisme. La
    plupart des personnes le définissent comme l’expression explicite de
    haine, de rejet ou de supériorité envers une personne du fait de sa
    couleur de peau ou de son origine et c’est souvent la notion qui nous a
    été enseignée, à l’école par exemple. Dans cette optique, la solution
    privilégiée pour lutter contre le racisme est avant tout d’affirmer
    l’égalité de toutes les personnes et de rappeler qu’il n’existe pas de
    races biologiques et donc qu’il n’y a aucune justification à nous
    traiter différemment selon notre origine ou notre couleur de peau. Cette conception universaliste de l’antiracisme
    juge nécessaire d’effacer la notion de race pour mieux la combattre et
    il est d’ailleurs courant de rencontrer des militant.e.s
    « progressistes » qui refusent d’être assigné.e.s à une appartenance
    raciale (blanche le plus souvent)
    , qui proclament « ne pas voir les couleurs » ou être des citoyen.ne.s du monde.


    Néanmoins, cette conception est de plus en plus jugée insatisfaisante par les personnes subissant le racisme, car en
    proclamant l’égalité (comme un but déjà atteint) et en effaçant la
    notion de race, elle en vient à empêcher de nommer le racisme et
    favorise le déni des dominations toujours existantes. Elle ne permet pas
    non plus d’analyser les questions de racisme sous un angle systémique
    ,
    c’est-à-dire en prenant en compte le fait que le racisme ne se limite
    pas à des actes de haine ou d’agression individuelles, mais inclut aussi
    des formes collectives, culturelles, institutionnelles ou légales de
    racisme, qui existent toujours malgré le fait que le racisme soit
    officiellement condamné par la loi. Par exemple, la faible présence de
    personnes noires dans les médias, le taux d’emploi plus faible à diplôme
    égal ou le taux plus élevé de personnes noires tuées par la police sont
    des manifestations du racisme systémique. Ces formes de racisme sont
    souvent bien plus complexes à identifier et à combattre, d’autant plus
    qu’elles peuvent se perpétuer malgré nos bonnes volontés individuelles.


    C’est pourquoi il est nécessaire de renouveler notre conception du
    racisme et de l’antiracisme, pour y inclure la conscience que des
    siècles de racisme institutionnalisé ne peuvent être effacés d’une
    seule loi : nous évoluons toujours dans une société raciste, qui
    organise une hiérarchie entre les personnes, selon leurs traits
    physiques (ainsi que leur nom ou d’autres caractéristiques
    reconnaissables) et qui accorde aux personnes perçues comme blanches le
    statut de norme supérieure, au contraire des personnes perçues comme
    non-blanches.
    Cette hiérarchie s’exerce aussi entre les
    personnes non-blanches et place, partout dans le monde, les personnes
    noires au plus bas de l’échelle. Si seule une petite minorité de la
    population croit encore aujourd’hui au concept de race biologique, nous
    devons reconnaitre que la « race sociale » est une réalité sociologique
    qui détermine notre société, à travers ses références culturelles, ses
    normes de beauté, son organisation économique, son système d’éducation
    ou encore son humour.


    On comprend alors que, comme le rappelle puissamment Angela Davis,
    « dans une société raciste, il ne suffit pas d’être non-raciste, nous
    devons être antiraciste ». Ceci nécessite un travail actif de
    déconstruction de mécanismes sociaux, culturels, institutionnels et de
    schémas inconscients en nous. Dans cette optique, rester
    silencieux.se.s face aux dominations raciales qui existent dans la
    société nous rend de facto complices de ces dominations
    puisque
    personne ne peut être neutre ou hors du jeu dans une société raciste : 
    c’est un système qui conditionne l’ensemble de la société et qui nous
    assigne tou.te.s à des places, dominantes ou dominées
    .


    Prétendre s’extraire seul.e de ce système n’est qu’une illusion
    réservée aux personnes qui ne subissent pas le racisme et le chemin
    commence par le fait de reconnaître que, en tant que membres du groupe dominant, nous portons tou.te.s en nous du racisme, puisqu’il est impossible d’évoluer dans une société en étant imperméables à ses normes
    Il s’agit donc d’un chantier qui concerne l’ensemble de la société et
    appelle toutes ses composantes à prendre leurs responsabilités, même
    quand nous estimons déjà « ne pas contribuer au racisme ». Voici
    quelques pistes de réflexion qui peuvent guider nos mouvements dans
    cette tâche :

    • Agir dans nos propres mouvements et balayer devant notre propre porte, avant de nous féliciter de notre antiracisme à l’extérieur. Comme déjà écrit, un travail important doit être fait pour identifier et combattre les freins multiples empêchant des personnes noires (et non-blanches en général) de se sentir légitimes, comprises et à l’aise dans les mouvements écologistes. Ceci passe par une réflexion sur nos pratiques, mais aussi sur nos discours qui abordent très souvent les questions écologiques depuis le regard des personnes blanches uniquement. Cela passe aussi par le fait d’être conscient.e.s de l’histoire coloniale et raciste des premiers mouvements environnementaux, pour mieux comprendre en quoi aujourd’hui nous pouvons encore développer une vision coloniale de l’écologie, et par la lutte contre les mouvements réactionnaires et racistes se revendiquant de l’écologie. Le privilège blanc se marque entre autre par le fait que des personnes blanches qui parlent de racisme seront plus facilement écoutées par d’autres personnes blanches, ce qui contribue à invisibiliser la voix des personnes concernées par leur propre lutte. Tout en donnant la parole tant que possible à des personnes racisées dans nos mouvements pour lutter contre cette invisibilisation (et pas que pour parler de racisme), nous avons aussi la responsabilité de soulever ces questions dans les espaces où il n’y a que des personnes blanches.
    • Nous solidariser de mouvements antiracistes en cherchant une juste place. Beaucoup de mouvements existants en Belgique menés par des personnes concernées, tels que les mouvements pour les droits des sans-papiers (privés de droits humains fondamentaux du fait d’une politique migratoire raciste, faut-il le rappeler), les mouvements de lutte contre les répressions policières, des mouvements visant à mieux faire connaître la mémoire coloniale ou à former au militantisme décolonial peuvent avoir besoin de soutien, d’autant plus qu’ils sont en général très mal financés (il est très difficile en Belgique pour une organisation en majorité non-blanche d’obtenir des financements publics), ont un plus faible accès aux médias et font face à des réactions racistes plus violentes lors de leurs actions. Néanmoins, nous devons faire attention à nos réflexes paternalistes ou de « sauveur blanc » et penser à des formes de solidarité qui ne soient pas faites pour nous mettre en avant et voler ainsi la lutte aux personnes premièrement concernées. Cela signifie entre autres de vérifier qu’en cas d’actions de solidarité, ou d’alliances entre plusieurs organisations, les personnes non-blanches disposent bien du leadership et de la capacité de décision stratégique, étant celles qui seront touchées par les potentiels bénéfices de l’action ou en payer le coût s’il y a un retour de bâton. Dans un récent post sur les réseaux sociaux, Aïda Yancy, militante noire antiraciste, queer et féministe, dénonçait le danger de l’alliance performative en expliquant que les premiers appels à manifester au nom de Black Lives Matter en Belgique ont été lancés par des personnes non-noires, éblouies par la visibilité soudaine de cette cause mais qui, en agissant sans concertation avec les personnes concernées, invisibilisent les organisations noires impliquées depuis de nombreuses années sur ces questions et ne mesurent pas le risque que représente pour les personnes noires une telle manifestation non autorisée en période de confinement.
    • Questionner nos notions souvent simplistes de violence et de non-violence. La question de la non-violence est assez centrale au sein de beaucoup de mouvements écologistes, de même qu’au sein de beaucoup de mouvements antiracistes. Toutefois l’idée de non-violence peut exprimer des choses très différentes d’une personne à l’autre, d’un mouvement à l’autre et on a pu voir ces derniers mois des mouvements écologistes être critiques envers les stratégies utilisées par d’autres mouvements sociaux, tels que les gilets jaunes ou ici lors des manifestations aux États-Unis. Comme le note Juliette Rousseau, la non-violence ne doit jamais s’envisager comme un impératif moral fixe et détaché des violences systémiques que nous subissons ou dont nous profitons, selon qu’on fait partie d’un groupe dominé ou dominant. Ainsi, juger de la violence de mettre le feu à du mobilier urbain, sans vouloir regarder la violence quotidienne infligée à des personnes pauvres ou racisées, nous cantonne à une vision de la non-violence au service de l’ordre social en place, comme nous le rappelle aussi Starhawk. Cette position est d’autant plus violente, quand nous le faisons au nom de leaders de luttes antiracistes ou anticoloniales, tels que Rosa Parks ou Martin Luther King, en ne retenant qu’une lecture simpliste de leurs propos et en oubliant qu’iels étaient actif.ve.s dans des mouvements plus larges, qui développaient différentes stratégies de lutte. Le discours théorique binaire sur violence et non-violence doit donc laisser la place à des discussions ouvertes sur les différentes stratégies, leurs risques et opportunités, en gardant toujours à la conscience que la répression policière et judiciaire sera toujours plus dure envers les personnes racisées, ce qui nécessite de leur donner une voix prépondérante dans ces discussions.
    • Questionner la police, dans son fonctionnement, mais aussi dans son rôle. Comme le révèle l’assassinat de Georges Floyd et bien d’autres avant lui et après lui, les violences policières sont au cœur de la problématique du racisme. Les violences policières ne peuvent être résumées à des actes individuels de dérapages commis par quelques « pommes pourries » comme on l’entend trop souvent. Si ces violences n’étaient le fait que de quelques individus isolés, elles auraient été condamnées et stoppées depuis longtemps et ces actes ne peuvent être commis à répétition que parce qu’il y a une impunité et un silence de la part des collègues, de la hiérarchie et de la société. Nous devons donc interpeller l’institution policière dans son ensemble, ainsi que les autorités politiques qui la dirigent, pour entamer un travail de déconstruction du racisme au sein de la police (qui s’exerce d’ailleurs aussi envers les personnes racisées y travaillant). Néanmoins, cette réflexion sera toujours insuffisante si nous n’y incluons pas également une réflexion plus fondamentale sur les rôles et outils de la police. Comme le démontrent magistralement Assa Traoré et Angela Davis, la police est fondamentalement construite comme une organe répressif au service d’un système de justice carcéral, qui reproduira toujours des dominations d’ordre raciales ou sociales. Angela Davis estime que « ce dont il s’agit, c’est de penser l’abolition de la police en tant que mode de sécurité », ce qui nous oblige à penser des modes de sécurité non militarisés qui nous protègent réellement tou.te.s, dans une perspective antiraciste, mais aussi féministe et anticapitaliste.
    • Explorer les croisements féconds entre analyses antiracistes, décoloniales et écologistes. Reconnaître la profonde imbrication de ces questions permet d’ouvrir à des champ fertile d’analyses et à de nouvelles perspectives de lutte. C’est ce que fait le mouvement de justice environnementale, créé à la fin des années 80 aux États-Unis, qui met à jour un racisme environnemental en montrant que les communautés non-blanches sont plus exposées à des environnements pollués ou toxiques et voient leurs revendications à un environnement sain moins entendues que les communautés blanches. Malcolm Ferdinand quant à lui propose de penser de manière commune les luttes écologistes et les luttes décoloniales, pour penser la « double fracture » environnementale et coloniale. Il nous invite à envisager des manières de « faire-monde » entre « celles et ceux qui, humains ou non-humains, trouveront des formes de vie et d’action qui rassemblent, contre toute éthique coloniale ou esclavagiste ». Ces analyses sont encore trop peu connues et diffusées dans l’espace francophone et il est nécessaire de soutenir plus de recherches dans ce domaine, en étant à nouveau attentif.ve.s à ce qu’elles ne soient pas menées que par des personnes blanches.


    Ce ne sont ici que des premières pistes d’action, qui impliquent
    pourtant déjà beaucoup de travail et de questionnements. Tant d’autres
    choses méritent d’être écrites et nos mouvements majoritairement blancs
    ont un énorme déficit de connaissance et de pratique en ce qui concerne
    les questions antiracistes ainsi que sur les croisements entre écologie
    et questions raciales, ce qui doit nous encourager à continuer à nous
    documenter et nous questionner, surtout quand nous ne subissons pas
    directement le racisme. N’oublions pas à ce sujet qu’avoir le choix de
    nous éduquer sur les questions de racisme est en réalité un privilège,
    face à toutes les personnes qui n’ont pas eu le choix de l’apprendre à
    travers leurs corps et les violences physiques et mentales subies depuis
    leur naissance. Faisons-en donc bon usage.


    Ecrit par Julien Didier


    Merci à Bénédicte Allaert, Betel Mabille et Marc Decitre pour leur relecture attentive et leurs remarques très pertinentes.

    Pour continuer la réflexion :


    Crédit Image : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Black_Lives_Matter_Protest.jpg ( [Creative Commons->https://en.wikipedia.org/wiki/en:Creative_Commons] [Attribution-Share Alike 2.0 Generic->https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/deed.en] )


     


  • Aujourd’hui, nous allons à la rencontre de Oum Keltoum, ex-habitante des logements sociaux des « blocs jaunes » du quartier du Bempt à Forest et participante aux ateliers cuisine organisés dans le cadre des activités de l’espace communal de l’Imprimerie dans le quartier Saint-Antoine. Elle vit aujourd’hui seule dans son appartement, près de Forest National, et elle aime recevoir la visite de ses enfants et petits- enfants avec qui elle parle souvent des ateliers cuisine.



    Cédric Hellemans (animateur chez Rencontre des Continents) : Comment as-tu connu les ateliers cuisine de l’Imprimerie ?
    Oum Keltoum : J’ai connu les ateliers avec Noémie (coordinatrice du Projet De Cohésion sociale du Bempt), il y a plus de deux ans. Trois ans, je crois...


    Cédric : Et qu’est-ce qui t’as plu dans ces ateliers cuisine ?
    Oum Keltoum : Tout, se faire des amis, apprendre des choses en cuisine... Et le principal, être ensemble. J’aime le côté convivial, familial. On est attaché les uns aux autres, on fait attention à l’autre. On a jamais eu de problème avec tous ces gens-là. C’est magnifique. J’aimerais que les enfants et les petits-enfants viennent avec moi. A chaque fois, je leur raconte tout ce qui s’est passé.


    Cédric : Et au niveau de l’alimentation, est-ce qu’il y a des choses que tu as apprises ?
    Oum Keltoum : J’ai appris les choses que tu fais, là, la cuisine végétarienne. Moi, je cuisine beaucoup. Toute ma vie, j’ai cuisiné. Avant, je travaillais en cuisine. Mais pas de la cuisine végétarienne. On cuisinait de la viande. Pour moi, c’était nouveau de cuisiner sans viande dans les ateliers.


    Cédric : Et est-ce que tu as aimé ça ?
    Oum Keltoum : Ah oui, j’ai aimé et je suis devenue végétarienne ! Un jour, je suis retourné à la maison et j’ai dit, c’est fini ! J’ai sorti toute la viande du congélateur pour la cuisiner et je n’en ai plus racheté. Quand mes enfants viennent à la maison, ils me demandent de la viande et je leur dit : « C’est fini, il n’y a plus de viande ! » Vous m’avez dégoûté de la viande que j’avais à la maison...


    Cédric : Pourquoi ?
    Oum Keltoum : Quand j’ai compris que les animaux souffraient, que certaines personnes mettent de l’eau dans la viande, qu’on ajoutait des produits pour changer la couleur... Comment les animaux sont traités dans l’industrie, tout ça... Ça ne va pas, on ne voit rien du tout, on ne sait pas comment ça se passe dans les industrie. Puis, il y a beaucoup de maladies qui peuvent venir de la viande. Et tous les antibiotiques qu’on donne aux bêtes et puis nous, on les mange et quand on est malades, le médicament ne marche plus. Et tout ça a travaillé sur moi et j’ai été dégoûtée.


    Cédric : Et tu en parles à la maison ?
    Oum Keltoum : Oui, j’en parle beaucoup avec ma petite-fille Oumaïma. Elle aussi est végétarienne. Depuis toute petite. Le jour de la fête du mouton, quand elle était toute petite, elle regardait son père et un ami. Ils avaient égorgé le mouton et le mouton s’est relevé. Depuis, elle a toujours refusé de manger de la viande. Alors, on parle de beaucoup de choses, elle me montre des vidéos sur le téléphone. On a beaucoup parlé des ateliers et je lui ai montré plusieurs recettes. La recette avec les pommes de terre, là. Elle l’a reprise et elle l’a faite pour quatre personnes. C’est bien, je lui donne les recettes...


    Cédric : Et comment tu t’en sors sans viande ? Tu manges quoi alors ?
    Oum Keltoum : Ça va bien, je mange le riz, les lentilles et tout ça. Pas de problème. J’essaye aussi de faire attention à manger bio, de saison, local... Je vais à la rue des tanneurs. J’ai aussi découvert un autre magasin bio ici, près de chez moi mais plus cher. Je préfère le marché des Tanneurs. Parce que je n’ai plus trop confiance dans les grands magasins. Il y a tellement de choses qu’on ne sait pas. Et puis tout est très compliqué. Avant, c’était plus facile. Ma maman, est faisait tout elle même, le pain, la farine, tout ça. On se soignait avec les plantes, le miel... des choses naturelles. On a oublié tout ça et maintenant, on prends tout le temps des médicaments, on est malades... C’est dommage, on ne sait plus faire ça.


    Cédric : Merci Oum Keltoum.

juin 2020 :

mai 2020 | juillet 2020

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