Actualités du 25 avril 2020


  • Aujourd’hui, nous n’entendons parler partout que d’une chose. Mais avant la crise sanitaire, un autre virus était en pleine expansion et cette contagion-là était plutôt de bonne augure ! Cette épidémie positive, on l’attendait depuis longtemps. Elle soigne un des fléaux les plus désolants de notre époque : le gaspillage.



    Quelques chiffres tirés du rapport de la FAO donnent une bonne idée de l’ampleur de la catastrophe (http://www.fao.org/news/story/fr/item/196443/icode/) :
    - Le volume mondial de gaspillages et pertes alimentaires est estimé à 1,6 milliard de tonnes d’équivalents produits de base. Les gaspillages totaux pour la partie comestible s’élèvent à 1,3 milliard de tonnes.
    - De même, 1,4 milliard d’hectares de terres - soit 28 pour cent des superficies agricoles du monde - servent annuellement à produire de la nourriture perdue ou gaspillée.
    - Les conséquences économiques directes du gaspillage alimentaire (à l’exclusion du poisson et des fruits de mer) sont de l’ordre de 750 milliards de dollars par an.
    - …


    Un problème de grande ampleur donc ! Et cette contagion de bonne augure, cette épidémie positive, il s’agit bien du virus de la récup !


    Il y a peu de temps encore, le fait de récupérer des aliments qui étaient destinés à la poubelle (avec ou sans raison) était difficilement concevable par la plupart des gens. Le déchétarisme, glanage alimentaire ou trésordure était réservé aux SDF ou à quelques illuminé.es en marge mais certainement pas à des gens « normaux ».


    Petit à petit, les consciences se sont réveillées face à cette aberration et, si nous sommes très loin d’avoir réglé le problème, on peut néanmoins noter un changement dans les mentalités. Aujourd’hui, récupérer des invendus n’est plus quelque chose d’« anormal », c’est même plutôt bien vu. Le nombre de projets a donc explosé et, dans chaque commune, des groupes sont à l’œuvre et on entreprit une croisade contre le gaspillage.


    Il y a de cela presque trois ans, Rencontre des Continents a démarré un cycle de réflexion sur l’alimentation par le biais d’ateliers cuisine au CPAS d’Ixelles. Le projet, on vous en a déjà parlé, a tellement bien fonctionné qu’après trois mois, nous avons doublé la fréquence de ces ateliers. Les participant.e.s ont, pour la plupart, été très réguliers/régulières et ont fait preuve d’un aussi grand intérêt pour les réflexions autour de l’alimentation que pour la découverte d’autres techniques de cuisine.


    Une petite dizaine de personnes ont été extrêmement régulières durant ces ateliers. Il y a un an et demi, nous avons tout doucement évoqué le fait que le groupe pourrait « passer à la vitesse supérieure », qu’il pourrait passer de consommateur d’activité à générateur d’activités… L’idée a mûri et, il y a un an, le noyau dur des ateliers cuisine a décidé de se lancer et de monter un projet : le projet ReAl pour Récuparation Alimentaire (lisez « real » comme réalité en anglais plutôt que comme Real de Madrid !)


    Le nom est intéressant car il met en avant le fait que la récupération d’invendus fait effectivement partie de notre réalité. Ce n’est plus quelque chose qui ne touche que les personnes marginalisées et les laissé.es pour compte, mais c’est bien devenu une question que nous devons toutes et tous prendre en main pour cheminer vers une société cohérente.


    Le projet ReAl vise à récupérer des denrées invendues dans les petits commerces d’Ixelles en privilégiant les structures qui favorisent les produits locaux et biologiques. Le groupe est composé de personnes qui sont allocataires sociaux ou sont à la retraite. Les aliments récupérés seront donc redistribués directement dans le groupe pour être consommés.


    Par un heureux hasard de circonstances, le groupe a croisé le chemin d’Amélia Ribeiro qui travaille pour le collectif IPE et qui nous a encouragé à rentrer un projet Good Food, « Inspirons le quartier » pour demander du soutien.


    En septembre 2019, nous avons eu notre première réunion avec Amélia et durant deux mois, nous avons travaillé à la constitution d’un dossier de demande de subvention qui a été rendu fin 2019.


    Début de l’année, nous avons eu une bonne nouvelle puisque notre projet est accepté. Le groupe s’est vu octroyer un budget de 2300 euros pour investir dans du matériel de récupération, de communication et, surtout, de l’accompagnement de projet pour faire en sorte que cette aventure de l’anti-gaspi puisse être longue et pérenne.


    Bonne chance donc et, si nous devons nous protéger d’une contagion pour l’instant, apprêtons-nous, lorsque cette période de confinement sera un souvenir, à encourager le virus de la récup !


    par Cédric Hellemans, animateur à Rencontre des Continents


  • Parce que derrière nos écrans, nous sommes noyés d’informations, nous sommes quelqu’un.e.s de nos associations a avoir eu envie d’ouvrir un espace collectif de partage en ligne.



    Vous retrouverez donc ci-dessous 2 liens-outils vous permettant de retrouver ou de partager quelques articles sur la situation actuelle qui font résonance avec les réflexions de notre collectif et nos mouvements.


    Puisqu’il y aura un avant et un après COVID-19, l’archivage nous parait important pour ne pas oubliez ce que nous traversons...N’hésitez donc pas à partager ces outils, encore en construction, et à en faire une source d’information la plus riche et stimulante possible.


    Bien qu’un peu rudimentaires, tout le monde peut partager et déposer ses articles, tant que ceux-ci sont en lien avec la charte de RdC et/ou la vision de Mycelium.


    Nous vous renseignons aussi cette page de nos amis du groupe "Construire un Déclin" qui recense de nombreux articles en lien avec la situation actuelle : http://2020covid19.best/



  • Nous avons le plaisir de vous partager le podcast "Reclaim the Climate" réalisé par un groupe de personnes impliquées dans l’organisation et la réalisation du Justice Camp Climate. Ce podcast aborde plusieurs thèmes qui nous sont chers à Rencontre des Continents, de ceux qui nous décentrent et nous mettent en chantier. Au plaisir d’en discuter, une fois le confinement levé ! Belle écoute à vous !



    "Chaque dernier mercredi du mois, Reclaim the Climate explore les liens qui relient l’activisme social et écologique.



    Dans ces discussions, nous parlons du privilège, des relations de domination et de marginalisation dans les espaces militants, de la blancheur, du macho-héroïsme, des visions coloniales de l’écologie et de la « nature », de l’hétéronormativité et d’une foule d’autres choses qui nous semblent trop peu abordées lorsque on parle de climat. Nous parlons de nous, de nos expériences, de nos vies, de nos utopies, dans la langue dans laquelle nous nous sentons le plus à l’aise : français, néerlandais ou anglais.



    Ce podcast est destiné à celles et ceux qui ne veulent pas choisir un combat plutôt qu’un autre. Pour celles et ceux qui pensent que les victoires qui ont lieu au détriment d’autres groupes opprimés ne sont pas vraiment des victoires. Pour celles et ceux qui croient que toutes les formes d’oppression sur les humains et d’autres formes de vie sont interdépendantes et nécessitent des formes de résistance interconnectées pour être renversées. Pour les militant.e.s en collectif, qui occupent des espaces ou qui agissent directement, ainsi que pour celles et ceux qui veulent en parler avec leurs ami.e.s : parler d’une cause est aussi un moyen de l’aider à progresser."



    Le lien du site internet : https://www.reclaimtheclimate.be/





     



     



     



     



     



    Pour aller plus loin, allez voir le site du "Justice Camp Climate" qui aura lieu en Septembre 2020 : http://climatejusticecamp.be/




  • Cette pandémie révèle non seulement les inégalités mais également les failles de notre système, notamment et de manière criante, celles de notre système de santé. Soumis à des années d’austérité néolibérale, le collectif "Santé en lutte" dénoncait déjà ses pratiques avan la crise. Aujourd’hui, ilelles s’organisent pour accompagner au mieux les soignant.e.s dans cette situation difficile. Afin de soutenir celles et ceux qui nous soignent et nous protègent, plusieurs actions sont possibles de chez vous. Nous vous relayons la vidéo de Tout va bien-média sur ce sujet et ci-dessous l’appel du collectif de la Santé en lutte pour lutter avec elles et eux. Merci pour vnotre soutien !


    "Plus que jamais, La santé en lutte a besoin de votre soutien !



    Vous voulez soutenir le personnel soignant en première ligne dans la lutte contre le coronavirus ?


    Vous applaudissez à 20h tous les soirs mais vous sentez bien que ce n’est pas suffisant et qu’il faut aussi dénoncer les coupes budgétaires qui nous ont amenés dans cette situation dramatique dans les institutions de soins ?


    Vous pensez vous aussi qu’après cette épidémie, il faudra se battre pour des conditions de travail dignes ainsi que des soins de santé de qualité et accessibles à toutes et tous ?


    FAIRE UN DON


    En attendant de pouvoir descendre dans les rues nombreuses et nombreux pour porter ces revendications, soutenez le personnel des soins de santé organisé dans La santé en lutte en faisant des dons pour recevoir un t-shirt/une banderole sérigraphiés et en portant ainsi notre message, sur vous ou sur votre balcon !


    L’argent récolté servira exclusivement à organiser la lutte pour le refinancement des soins de santé qui sera plus que jamais à l’ordre du jour de la période post-confinement.


    Nous vous proposons donc de faire des dons à La santé en lutte via la plateforme Growfunding.
    https://growfunding.be/fr/bxl/lasanteenlutte


    Pour tout don supérieur à 15€, vous recevrez un magnifique t-shirt sérigraphié “La santé en lutte” OU une belle banderole sérigraphiée avec un message de soutien à accrocher à votre balcon pour contribuer à diffuser nos revendications


    Suite à votre don vous serez re-contacté·e par email pour les détails de la commande (adresse, t-shirt ou banderole, etc.)


    AFFICHER VOTRE SOLIDARITÉ


    Pour celles et ceux qui ont une imprimante chez eux, imprimez et affichez à votre fenêtre les affiches de ce post.


    Pour celles et ceux qui ont le temps, faites des banderoles revendicatives et déployez-les sur votre balcon.


    Et puis prenez-vous en photo avec votre famille, partagez-les sur les réseaux sociaux avec le tag #lasantéenlutte


    Envoyez-les nous aussi sur lasanteenlutte@gmail.com.


    Merci à toutes et tous pour votre soutien
    #Lasantéenlutte


    Lien pour télécharger les affiches : https://drive.google.com/…/19Gf8pxf7W2OqlPvCl9pmoS7rJ…/view…


    SIGNER LA PÉTITION


    "Maintenant on soigne, après nous réglerons nos comptes"


    Pour un refinancement des soins de santé, pour une amélioration des conditions de travail et pour un accès juste et gratuit pour toute la population, signez notre pétition !


    https://lasanteenlutte.org/signer-notre-petition/?fbclid=IwAR0zLflUYe6fgGXps1OlKbfMhmbqRTMTDgV-SQIf9NcuR79TdeMvlGJk4IA


    Si votre organisation ou association désire signer en son nom notre pétition, envoyez nous un e-mail à lasanteenlutte@gmail.com



    https://lasanteenlutte.org/la-sante-en-lutte-a-besoin-de-v…/


    Merci à toutes et tous pour votre soutien
    Merci aux ami.e.s du Réseau ADES pour leur travail de sérigraphie et leur aide."


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


  • Deux cartes blanches co-signées par RdC, à retrouver ci-dessous.

    • Covid-19, l’heure du choix


    Parution sur le site de Mediapart le 28/04/2020


    Co-signée par 220 citoyen.nes et 9 organisations, belges, suisses et françaises, issue.es du secteur privé, public et associatif (voir article).


    https://blogs.mediapart.fr/la-croissance-economique-et-le-vivant/blog/280420/covid-19-l-heure-du-choix


    220 citoyens et 9 organisations signent cette tribune. Ils sont français, belges et suisses issus du secteur privé, public et associatif. Ils veulent contribuer à la diffusion d’idées qui permettront à la société de l’après-crise de mettre en place des politiques qui respectent notre santé, les écosystèmes et le vivant en général. C’est essentiel pour éviter que des crises ne se répètent.


    Mateo Cordier (Maître de conférences en économie écologique à l’Université de Versailles – Université Paris-Saclay), Gilles Naeije (médecin à l’hôpital Erasme – Université Libre de Bruxelles), Michel Cordier (un des administrateurs de Grands-Parents pour le Climat-Belgique, à titre personnel). Cosigné par 9 organisations, dont Le Club de Rome (European Chapter), et 217 citoyens français, belges et suisses (dont 22 médecins)*.


    La croissance économique mondiale conduit à l’intensification de l’utilisation des ressources naturelles à l’origine de la destruction des écosystèmes. Cela se traduit, entre autres, par la déforestation pour laisser place à l’agriculture, l’urbanisation et l’exploitation minière. Suite à la destruction de leur habitat naturel ou au braconnage, les animaux sauvages entretiennent plus fréquemment des contacts avec l’être humain. Or ils sont porteurs d’agents infectieux contre lesquels nous ne disposons pas d’immunité.


    La dissémination de ces agents infectieux est favorisée par la mondialisation de l’économie, qui accentue l’interdépendance économique entre pays (ex. : veaux irlandais nourris au soja brésilien, engraissés aux Pays-Bas, découpés en France puis vendus en Italie). Cette augmentation du transport international via une production massive de CO2 contribue au changement climatique, ce qui facilite également la dissémination des virus, bactéries et parasites. Dans un futur proche, l’Europe sera sans doute confrontée à la dengue, au chikungunya ou à la malaria. Il est également vraisemblable qu’en Arctique, la fonte du permafrost libérera des virus et des bactéries qui y sommeillent congelés depuis des siècles.


    Par le passé, d’autres épidémies nous ont déjà alertés concernant les conséquences de l’extension des activités humaines sur les milieux naturels. Le SRAS en 2003 (774 morts), le MERS en 2012 (823 morts), et la grippe due à l’influenza A(H1N1) en 2009 (plus de 150000 morts). Toutes ces maladies d’origine virale ont franchi la barrière des espèces et se sont adaptées à l’Homme en raison de nos activités économiques.


    Apparue en décembre 2019, la pandémie de Covid-19 compte 210374 décès dans le monde au 27 avril 2020. Le coût de cette pandémie pourrait atteindre 4,8% du PIB mondial. C’est 3 fois plus que la perte de PIB liée à la crise financière de 2008.


    L’OMS a établi des protocoles d’actions en cas de pandémies : test de la population, isolation stricte des patients atteints, et confinement en dernier recours. En n’appliquant que cette dernière solution, l’Etat mal préparé s’est montré inconséquent dans son devoir de protection des populations.


    La crise du Covid-19 résulte de la destruction des écosystèmes par notre système économique, aggravée par le manque de moyens que l’Etat s’est donné dans la gestion de la pandémie, tous deux fruits d’une vision centrée sur le court terme de la part des responsables économiques et politiques. Nous avons le choix de ne rien changer et d’espérer que ça n’arrive plus. Mais “la folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent” (Albert Einstein). Nous n’avons pas la prétention d’apporter la solution, seulement des pistes pour ouvrir le débat. De nombreuses améliorations sociétales ont été imaginées. En voici six. Nous invitons le lecteur à s’en emparer, y réfléchir, les faire siennes, les rejeter ou en proposer d’autres.


    1. Rendre sa capacité d’action à la société face aux crises


    1.1. Relocaliser les industries stratégiques sur le territoire européen pour affronter les crises en assurant nos capacités de production (ex. : produire des masques). Cela permettra aussi de réduire les émissions de CO2 liées au transport international, contribuant au changement climatique, et de limiter la propagation des agents infectieux.


    1.2. Identifier les biens et services à placer hors des lois du marché. La précarisation du système de santé révélée par le Covid-19 nous y invite. Le déficit de la sécurité sociale (hôpitaux inclus) est notamment creusé par les marges de profit excessives des industries pharmaceutiques que doit supporter la sécurité sociale.


    1.3. Harmoniser à la hausse la fiscalité des grandes entreprises au sein de l’UE pour financer, entre autres, les soins de santé et rétablir leur qualité. En Europe, le taux moyen d’imposition des entreprises a été réduit de 50% entre 1985 et 2020.


    2. Limiter la destruction des écosystèmes


    2.1. Modifier la fiscalité pour qu’elle impacte moins les travailleurs et davantage les activités destructrices des écosystèmes. Par exemple, mettre en place des taxes contre l’obsolescence programmée techniquement ou par effet de mode.


    2.2. Constituer une assemblée citoyenne de réflexion pour construire la société de l’après-crise et, dans le futur, une chambre parlementaire qui s’engagerait à analyser les lois à la lumière de leur soutenabilité à long terme, intégrant des citoyens tirés au sort. Ils pourraient ainsi s’approprier l’idée de rendre nos modes de vie plus respectueux de la biosphère en préconisant eux-mêmes les lois pour y parvenir. Plusieurs difficultés seront à relever. Par exemple, comment éviter que même dans une assemblée citoyenne, l’intérêt des plus forts ne prime sur celui des plus faibles, comme c’est le cas dans le système actuel influencé par les lobbies industriels.


    2.3. Sortir, dans les pays riches, du dogme libéral de la croissance économique qui nous pousse à une consommation excessive (par l’endettement, la publicité, etc.) à l’origine de la destruction des écosystèmes. Quitter la tentation du « toujours plus, toujours plus vite », soutenue par l’illusion que la planète nous offrirait des ressources illimitées, et qu’elle pourrait subir l’impact de nos activités économiques sans dommages irréparables pour l’humanité. Prenons conscience que la destruction de notre environnement naturel porte atteinte à notre sécurité mais également à celle des générations futures. Posons-nous les questions fondamentales : de la croissance pourquoi, de quoi, comment, et pour qui ?


    Préparons la résilience de la société de demain pour préserver notre santé et la biosphère en améliorant la démocratie plutôt qu’en envisageant des restrictions comme le confinement et le pistage par smartphones et drones, rappelant étrangement le contrôle de la population par télécran dans « 1984 » de George Orwell. Aucune fatalité ne condamne l’humanité à détruire son habitat.

    • Gérer l’urgence... puis réinventer l’avenir


    Parution dans Le Soir en ligne le 01/04/2020


    Par un collectif de signataires (voir article)


    https://plus.lesoir.be/291488/article/2020-04-01/gerer-lurgence-puis-reinventer-lavenir



    L’urgence absolue est de sauver des vies et de préserver la santé de la population. La décision rapide de confinement prise par les autorités a été la bonne et, même si elle est insuffisante, il est très important qu’elle soit respectée.


    Mais à l’heure où des millions de personnes risquent de voir leurs revenus fortement amoindris ou de se retrouver dans des situations de précarité exacerbées, l’urgence est également sociale. Plus que jamais.


    Syndicats, mutuelles, mouvements associatifs, professeurs, artistes, citoyennes et citoyens
    engagé.es travaillent d’arrache-pied pour que personne ne soit oublié et
    pour dénoncer cette précarisation sociale.


    Personnes précarisées, sans-papiers ou sans-abri luttant pour sauver leur peau, pour ne pas
    être infecté.es ou simplement pour manger. Travailleuses, travailleurs qui continuent à prester pour le bien de la population et qui doivent être protégé.es. Celles et ceux mis en chômage temporaire, temps
    partiels (dont énormément de femmes) qui risquent d’être encore plus lourdement sanctionné.es. Artistes et statuts précaires. Malades qui doivent être correctement indemnisé.es, pensionné.es qui doivent toucher leur pension, candidats à l’asile bloqués aux frontières de l’Europe,
    personnes souffrant d’un handicap… Personne, répétons-le, ne doit être oublié.


    Des mesures d’aides aux entreprises et aux indépendant.es ont rapidement été décidées : dédommagements financiers, facilités de paiement, avances en trésorerie… Certaines de ces mesures
    visant à préserver le tissu économique sont une bonne chose.


    À condition cependant que ces aides ne soient pas, au bout du compte, à nouveau payées par la collectivité, au prix de nouveaux sacrifices.


    Á condition que cette crise ne soit pas un nouveau prétexte pour aggraver les atteintes aux libertés individuelles et collectives, déjà fortement mises à mal ces dernières années. Avec le risque réel de mise en place de régimes autoritaires qui accentueraient encore les attaques contre les contre-pouvoirs et jetteraient nécessairement les bases de politiques servant seulement des intérêts très particuliers.

    Et à la condition essentielle de ne pas repartir dans cette course capitaliste folle qui nous mène droit dans le mur.


    Les coupes opérées ces dernières années dans les services publics, dans le secteur associatif, dans la culture et la sécurité sociale, particulièrement dans les soins de santé, ont lourdement fragilisé la population. L’inconcevable épisode, toujours en cours, des masques de protection sacrifiés sur l’autel de l’austérité, n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.


    L’État, en devenant un acteur économique focalisé sur les aspects budgétaires, a rompu son contrat social avec les citoyen.ne.s. La santé étant tenue pour acquise en est l’exemple. L’intérêt collectif doit redevenir la priorité des politiques publiques.


    Estimées à quelque 10 milliards, les aides d’urgence décidées à ce jour ne pourront en aucun cas venir justifier de nouvelles coupes dans notre sécurité sociale, nos services publics, le secteur associatif ou la culture. Sous couvert de réformes structurelles qui n’en finissent plus de creuser les inégalités et de préparer la crise suivante.


    Et au-delà de la facture à présenter à ceux qui se sont enrichis ces dernières décennies, il faudra exiger une remise en cause fondamentale des politiques d’austérité. Notre message est clair : c’est sur de nouvelles bases qu’il faudra reconstruire, une fois sortis de cette crise mondiale.


    Nous craignons fortement que ce ne soit pas la voie suivie par la task force économique décidée par la Première Ministre et chapeautée par la BNB. Si cette task force vise le retour rapide au « business as usual », en conservant l’obsession du « déficit structurel », la compétitivité et le libre-échange, elle nous amènera à repartir tête baissée dans la même voie sans issue. Tous les indicateurs nous le montrent, cette impasse est totale : écologique, climatique, économique, sociale et sanitaire.


    Au-delà des task forces, c’est de femmes et d’hommes qui réfléchissent ensemble à replacer l’humanité au centre de l’équation dont nous avons besoin aujourd’hui. Pour reconstruire les équilibres indispensables entre développement économique, bien-être social et enjeux environnementaux. Sur de nouvelles bases. En sortant des logiques de profit à tout prix. Sans plus jamais faire d’économies sur la santé et la vie des gens. En luttant efficacement contre toutes les inégalités. En réinventant un avenir durable pour les générations futures.


    Nous, signataires de cette carte blanche, ne voulons pas d’un « retour à la normalité », car cette normalité faite d’inégalités violentes, de mondialisation insensée, de marchandisation de la vie et de résignation à la catastrophe écologique est aussi la source du drame que nous vivons. Nous sommes décidé.es à prendre nos responsabilités pour mettre en commun nos forces et nos volontés pour
    tenter de redéfinir ces bases. Au-delà des intérêts partisans. Dans l’intérêt général. Pour redessiner ensemble les contours d’une société plus juste, solidaire et durable.


    * signataires :


    Lahbib Hadja, journaliste ;


    Labille Jean-Pascal, Secrétaire général de Solidaris ;


    Estenne Ariane, Présidente du Mouvement ouvrier chrétien ;


    Gemenne François, FNRS, Directeur du Hugo Observatory (ULG), spécialiste en géopolitique de l’environnement ;


    Dardenne Luc, réalisateur, producteur et scénariste ;


    Dardenne Jean-Pierre, réalisateur, producteur et scénariste ;


    Mahy Christine, Secrétaire générale et politique du Réseau wallon de Lutte contre la Pauvreté ;


    Charlier Adélaïde, co-organisatrice du mouvement Youth For Climate ;


    Delmée Myriam, Présidente du SETCa-BBTK ;


    Antoine Bruno, Président de la CSC Wallonne, Secrétaire fédéral CSC Luxembourg ;


    Marette Youna, activiste climat ;


    Petrella Riccardo, professeur émérite UCLouvain ;


    Del Re Valérie, Directrice de Greenpeace ;


    Bodson Thierry, Secrétaire général de la FGTB wallonne ;


    Delruelle Edouard, Professeur de philosophie politique ULG ;


    Frison Christine, Chargée de recherche FNRS et co-présidente du Corps scientifique UCLouvain ;


    Bribosia Emmanuelle, Professeure ULB, Vice-présidente de l’Institut d’Etudes européennes ;


    Murgia David, artiste et cofondateur du Raoul Collectif ;


    Andrusyszyn Anne-Marie, Directrice du CEPAG ;


    Belche Jean-Luc, médecin généraliste, chargé de cours en médecine ULiège ;


    Deswaef Alexis, avocat et co-président de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés ;


    Cadelli Manuela, juge ;


    Gobin Corinne, politologue ULB ;


    Lanners Bouli, acteur, réalisateur ;


    Sabine Libert, Secrétaire générale adjointe de la FGTB wallonne ;


    Meerhaege Isabelle, Secrétaire fédérale CSC Namur-Dinant ;


    Russo Gino, Président de l’asbl "Julie et Mélissa n’oubliez pas" ;


    Vielle Pascale, professeure UCLouvain ;


    Engel Vincent, écrivain ;


    Vandewattyne Jean, chargé de cours UMons ;


    Zacharie Arnaud, Secrétaire général du CNCD ;


    Dubois, Fanny, Secrétaire générale des Maisons médicales ;


    Van Heetvelde Werner, Président de la Centrale générale FGTB ;


    De Keyzer Aurore, JOC ;


    Verjans Pierre, professeur et vice-doyen ULg ;


    Jacquemin Christian, Président de la régionale FGTB de Verviers-Ostbelgien ;


    Verbeeren Pierre, Maître de conférence à l’UCLouvain ;


    Wanschoor Isabelle, Secrétaire principale Hainaut CNE ;


    Lamarche, Caroline, écrivaine ;


    Murgia Fabrice, Directeur du Théâtre national Wallonie-Bruxelles ;


    Mawet Fred, Changement pour l’égalité ;


    Rosteleur Carine, Secrétaire régionale CGSP ALR ;


    Martinez Esteban, professeur ULB ;


    Gevers Michel, professeur émérite UCLouvain ;


    Mertens Sybille, Professeure en économie sociale ULiège ;


    Van Keirsbilck Felipe, Secrétaire général de la CNE ;


    Galand Pierre, Président de l’Association pour les Nations Unies ;


    Blanjean Paul, Equipes populaires ;


    Hustache Serge, Président du collège provincial de la Province de Hainaut ;


    Nys Maxime, Secrétaire régional CGSP ALR ;


    Resne Erdem, travailleur associatif ;


    Reman Pierre, professeur émérite UCLouvain ;


    Urbain Jean-Marc, Secrétaire fédéral CSC Mons-La Louvière ;


    Goblet Geoffrey, Président de la Centrale générale FGTB Liège ;


    Masschaelk Marc, professeur UCLouvain ;


    Malay Olivier, économiste et co-président du Corps scientifique UCLouvain ;


    Bayot Bernard, Directeur de Financité ;


    Genbauffe Jean-Pierre, Secrétaire général Solidaris Mons-Wallonie picarde ;


    Osinsky Agathe, chercheuse en théorie du droit UCLouvain ;


    Dusoulier Luc, ex-président du MOC ;


    Van der Plancke Véronique, avocate au Barreau de Bruxelles ;


    De Schutter Olivier, professeur à l’UCLouvain ;


    Hendrix Maryse, citoyenne ;


    Szoc Edgar, chroniqueur RTBF ;


    Huisman Michel, Gang des vieux en colère ;


    Toussaint Eric, porte-parole international du CADTM ;


    Ponet Brigitte, coprésidente du CADTM Belgique ;


    Zian Yasmina, historienne, chercheuse à l’Académie royale de Belgique ;


    Bovy Yannick, journaliste-réalisateur ;


    Franco Sebastian, coordinateur Altersummit ;


    Bernard Françoise, Secrétaire générale SETCa Liège-Huy-Waremme ;


    Pirotte Gautier, professeur de sociologie ULG ;


    Van Outryve d’Ydewalle Sixtine, chercheuse en théorie du droit UCLouvain ;


    Dohet Julien, syndicaliste, historien des luttes du mouvement ouvrier ;


    Leterme Cédric, politologue, chercheur au CETRI et au GRESEA ;


    Namotte Jean-Marc, Secrétaire fédéral CSC Liège-Verviers-Ostbelgien ;


    Arets France, militante active dans le soutien aux sans-papiers ;


    Mossoux Raphael, avocat ;


    Ozer Pierre, chargé de recherche ULiège ;


    De Clerck, Alain, artiste et artisan du collectif ;


    Mettioui Ilyas, artiste ;


    Borguet Nicolas, attaché culturel et enseignant ;


    Vidotto Laura, animatrice Asbl Vie-Esem CEPAG ;


    Kouvaras Maxime, journaliste-réalisateur, ZIN TV ;


    Giannelis Stravoula, sociologue et professeure d’histoire ;


    Ramirez Ronnie, cinéaste ;


    Taets Audrey, coordinatrice Cellule Solidarité CAL Liège, déléguée syndicale ;


    Tamellini Jean-François, Secrétaire fédéral FGTB ;


    Révelard Jean-Luc, Président de la Fédération CSC Namur-Dinant ;


    Nisot Aurélie, éducatrice populaire et militante sociale ;


    Romain David, artiste, cofondateur du Raoul collectif ;


    Hemptinne Pierre, écrivain, Directeur de la médiation culturelle à PointCulture ;


    Clausse Julie, chargée de projet pour l’asbl Interra ;


    Pottie Kristien, comédienne, réalisatrice ;


    Chauvier Jean-Marie, journaliste ;


    Gillis Pierre, professeur honoraire, UMONS ;


    Van Sinoy Myriam, enseignante retraitée ;


    Heldenbergh Pierre, militant associatif ;


    Herman Véronique, directrice du CEFOC ;


    Truddaïu Julien, citoyen solidaire ;


    Crevecœur Perrine, travailleuse ONG ;


    Debelle Lora, responsable culturel au théâtre de l’Ancre ;


    Servaiss Maud, professeure de français ;


    Maillien Pascale, professeure d’économie et artiste plasticienne ;


    Meyer Michel, Président CGSP ;


    Demonte Tony, ex-secrétaire général adjoint de la CNE ;


    Visart Michel, journaliste ;


    Laviolette Vincent, agent de développement territorial, acteur dans le développement des circuits courts ;


    Guellati Line, artiste, créatrice et co-fondatrice du collectif Darouri Express ;


    Willems Martin, CSC, United Freelancers ;


    Dendoncker Nicolas, Université de Namur, département de géographie ;


    Cornut Pierre, chargé de cours en urbanisme à l’UMons ;


    Stassart Pierre M., professeur ULiège ;


    Beaulieu Sarah, chargée de projets en Éducation permanente ;


    Bouvy Stéphanie, médecin généraliste ;


    Jacquy Emilie, formatrice au CEPAG ;


    Laqdim Solayman, Directeur du service de la prévention de Liège-Huy-Verviers ;


    Houtart Isabelle, directrice de la Halle de Han ;


    Lecomte Yvette, militante d’associations culturelles ;


    Staquet Anne, professeur Université de Mons ;


    Hoornaert Cécile, directrice La Bobine ;


    Oscari Dolores, citoyenne ;


    Ivanovic Maritza, directrice honoraire CPAS ;


    Fafchamps Claude, directeur de théâtre ;


    L’Ami terrien alias François Laurent, slameur ;


    Bounafaâ Najat, maître assistante à la Haute Ecole Charlemagne, Liège ;


    Seron Marie Pierre, citoyenne ;


    Grandfils Jean Marie, citoyen ;


    Debrulle Esteban, militant ;


    Bela Dominique, comédien ;


    Martin Guy, Directeur général honoraire enseignement formation, Province de Liège ;


    Vanhaesebrouck Karel, professeur ULB ;


    Barrera Francisco, secrétaire régional Horval Verviers ;


    Heirwegh Jean-Jacques, professeur ULB ;


    Kohnen Nicole, psychologue ;


    Botterman Philippe, Secrétaire intersectoriel de la CGSP de Verviers ;


    Nagui Farid, Directeur du CRVI ;


    Santos y Baladron Maria, professeure de français et d’espagnol ;


    Zurstrassen Pirly, musicien ;


    Dufresne Anne, sociologue, chercheuse au GRESEA ;


    Starquit Olivier, essayiste altermondialiste ;


    Puissant Daniel, Secrétaire du Réseau pour la Justice fiscale ;


    Wathelet Violaine, doctorante en sociologie ULG ;


    Maes Renaud, rédacteur en chef de la Revue nouvelle et sociologue USL ULB ;


    Keutgen Renaud, économiste du développement, actif dans les circuits courts alimentaires ;


    Semal Claude, chanteur et comédien ;


    Di Troia Audrey, Booker à Full Colorz Agency ;


    Nicolaï Samuel, Directeur du centre culturel de Remicourt ;


    Garcia Alexis, coordinateur de Nourrir Liège ;


    Culot Charles, artiste créateur compagnie Art&tca ;


    Globen Noémie, intervenante psychosociale en service de placement familial ;


    Kollmeier Léna, pianiste ;


    Lewuillon Victoria, comédienne ;


    Carton Luc, philosophe ;


    Raulin Guy, MOC Charleroi-Thuin ;


    de Halleux Alain, cinéaste ;


    Jacquemin Elise, Directrice du Miroir Vagabond ;


    Blairon Jean, expert associé de l’asbl RTA ;


    Mormont Cécile, Directrice Revers asbl (service d’éducation permanente et SIS) ;


    Cornil Jean, essayiste ;


    Tellier Caroline, comédienne et chanteuse ;


    Bodart Christophe, enseignant, co-fondateur d’1pact ;


    Goldman Henri, corédacteur en chef de la revue Politique ;


    Leciak Sarah, professeur de français ;


    Lombé Lisette, artiste ;


    Grange Camille, artiste et comédien, compagnie Art&tca ;


    Bouvy Anne-Sophie, avocate et doctorante en droit à l’UCLouvain ;


    Perrouty Pierre-Arnaud, Directeur de la Ligue des Droits humains ;


    de Liamchine Sarah, Codirectrice de Présence et Action culturelles ;


    Dargent Denis, Codirecteur de Présence et Action culturelles ;


    Trionfetti Maria Cecilia, chercheuse ULB ;


    Franssen Harald, auteur-dessinateur ;


    Lentini Giovanni, écrivain ;


    Hermant Paul, Actrices et acteurs des temps présents Bruxelles ;


    Philippon Bénédicte, comédienne et auteure ;


    Ryckmans Sarah, doctorante en philosophie UCLouvain ;


    Mulder Bernard, médecin généraliste ;


    Le Paige Hugues, journaliste-réalisateur ;


    Vanden Eede Stéphane, citoyen ;


    Toussaint Anne, enseignante ;


    Malherbe Alain, UCLouvain ;


    Quinet Bénédicte, formatrice CEFOC ;


    Demanet Thierry, militant associatif ;


    Guio Anne-Catherine, chercheuse ;


    Marlier Eric, chercheur ;


    Gratoir Sébastien, sociologue et enseignant dans une Haute école sociale ;


    Michiels Jean-Pierre, Président du Club Achille Chavée ;


    Hermant Daisy, Secrétaire générale ACRF – Femmes en milieu rural ;


    Thomas Alain, Directeur du centre culturel de Bertrix ;


    Pirotte Claude, administrateur de l’asbl les Ateliers Paysans-Artisans ;


    Bauduin Nathalie, coordinatrice CEC Tribal Souk
    asbl ;


    Pirenne Hélène, responsable artistique du Théâtre du Sursaut asbl ;


    Carlier Alexandre, Directeur ASBL Racynes ;


    Nieuwenhuys Céline, Secrétaire générale de la Fédération des services sociaux ;


    Fasbender Pierre, Directeur du Centre culturel de Habay ;


    Binet Anne, Directrice CEPPST Luxembourg-CEPAG ;


    Maingain Bernard, avocat ;


    Scheuer Benoît, sociologue ;


    Bettiol Bruna, comédienne-animatrice à Alvéole Théâtre ;


    François Yvon, comédien-animateur à Alvéole Théâtre ;


    Buchet Philippe, Président de la Commission namuroise des pensionnés FGTB. ;


    Fastrès Jacqueline, codirectrice de l’asbl RTA ;


    Cavillot Jean-Pol, codirecteur de l’asbl RTA ;


    Brausch Géraldine, maître-Assistante HECH ;


    Hirtt Nico, président de l’Appel pour une école démocratique (APED) ;


    Dave Benoit, codirecteur de la Coopérative Paysans-Artisans ;


    Bouchat Thérèse-Marie, codirectrice de la Coopérative Paysans-Artisans ;


    Duterme Bernard, Secrétaire général du CETRI ;


    Hsia Shan, citoyenne ;


    Mertens Ariane, chargée de prévention à la Direction de la Prévention de Namur-Dinant ;


    Dejace Patrick, Directeur de la Fédération des Restos du Cœur de Belgique ;


    Frérotte Maïté, Secrétaire générale Espace Seniors asbl ;


    Van den Berg Joëlle, secrétaire générale Réseau IDée asbl ;


    Delfosse Benjamin, Secrétaire général de Latitude Jeunes ;


    Steinbach Christine, Présidente du RWADE ;


    Sarnelli Sergio, enseignant et responsable d’un service d’accompagnement pour personnes handicapées ;


    Monjoie Patrick, Directeur du CRIBW asbl ;


    Stilmant Rita, Directrice de l’asbl Lire et Ecrire Luxembourg ;


    Carly Geoffroy, codirecteur des CEMEA ;


    Liens Jean-Paul, codirecteur des CEMEA


    Debatty François, Directeur du SRG Foyer l’Aubépine asbl ;


    Ghoul Yamina, Secrétaire générale de la Confédération des Organisations de Jeunesse indépendantes et pluralistes ;


    André Marie-Hélène, formatrice à la Fédération francophone des Ecoles de Devoirs ;


    Hanquet Daniel, assistant social de CPAS et membre d’associations professionnelles ;


    Lahouari Najar, Président MWB-FGTB Brabant ;


    Vandeberg Joseph, Président de l’asbl Culture et Développement ;


    Toussaint Sylvie, Professeur à l’Ecole sociale ISFSC et pour le Comité de vigilance en travail social ;


    Toussaint Philippon, Directeur du service de la prévention de Bruxelles ;


    Di Felice Luisa, directrice du service de la prévention du Hainaut ;


    Coyne Brendan, Secrétaire général ATD Quart Monde Belgique ;


    Brouyaux Antoinette, coordinatrice d’Associations
    21 ;


    Tournoy Thierry, Centre régional d’intégration de Charleroi ;


    Contor Nicolas, Directeur CRILUX asbl ;


    Di Vincenzo Grazia, Comédie d’un jour asbl ;


    Bronlet Michel, Directeur d’un centre d’insertion socio-professionnelle ;


    Henrard Gilles, médecin généraliste et chargé de cours adjoint à ULiège ;


    Salingros Caroline, Directrice pédagogique, aide à la Jeunesse ;


    Struvay Chloé, comédienne ;


    Safarian Caroline, directrice de théâtre et artiste (Espace Magh) ;


    Zedet Annie, citoyenne ;


    Decroly Jean-Michel, professeur de géographie, ULB ;


    Nagels Carla, chercheure ULB ;


    Groffils Robert, citoyen ;


    Delaive Serge, écrivain ;


    Damas Geneviève, écrivaine ;


    Merland Bénédicte, animatrice ;


    Deck-Andjaparidzé Hélène, citoyenne ;


    Clausse Danielle, citoyenne ;


    Menschaert Daniel, citoyen ;


    Dils Johan, citoyen ;


    Coenegrachts Philippe, citoyen ;


    Recloux Michel, citoyen ;


    de Neck Didier, comédien ;


    Sez.Rukira Adrien, chanteur ;


    Adam Dany, comédien ;


    Colinet Jean-Louis, directeur de théâtre ;


    Bonfond Olivier, économiste et conseiller au CEPAG ;


    Alaluf Mateo, sociologue ULB ;


    Carbonero Selena, Présidente du Bureau des Femmes de la FGTB wallonne ;


    Demertzis Vaïa, corédactrice en chef de la revue Politique ;


    Richard Daniel, Secrétaire régional FGTB Verviers et Communauté germanophone ;


    Cue Nico, ex-Secrétaire général de la MWB-FGTB ;


    Bauraind, Bruno, Secrétaire général du GRESEA ;


    Lefèbvre Luc, militant LST-Luttes-Solidarités-Travail ;


    Van Erps Noémie, Secrétaire générale des Femmes prévoyantes socialistes (FPS) ;


    Liébin Micheline, Directrice du CeRAIC ;


    Raimondi Katia, coordinatrice Infor-Jeunes Entre-Sambre-et-Meuse ;


    Vanhessen Christine, Directrice de l’AMA-Fédération des maisons d’accueil et des services d’aide aux sans-abri ;


    Eeklaer Fabrice, Secrétaire fédéral CSC Charleroi-Sambre-Meuse ;


    Gobry Alexandre, ATTAC Bruxelles 2 ;


    Pauporté Christine, ATTAC Bruxelles 2 ;


    Remiche Louise, coordinatrice de l’ARCA ;


    Praile David, coordinateur du Rassemblement pour le droit à l’habitat ;


    Messaoudi Ouiam, Secrétaire générale ASPH ;


    Bantuelle Martine, administratrice-déléguée asbl Santé, Communauté, Participation ;


    Van Keirsbilck Benoît, Directeur Défense des enfants international Belgique ;


    Barrelet Eleonore, coordinatrice de Agroecology in Action ;


    Colinet Lysiane, citoyenne ;


    Godin Nicolas, Président du Relais social urbain de La Louvière ;


    Debelle Dominique, travailleur social, secteur de l’aide aux sans-abri ;


    Mandiaux Arielle, Directrice de l’asbl Infor Jeunes Mons ;


    Kennes Sébastien, animateur Rencontre des Continents ;


    Emili Pietro, Directeur de la Maison du Peuple d’Europe ;


    Fontaine Anne-Sophie, Directrice de l’AMO Passages ;


    Cocu Christophe, Directeur général Ligue des Familles ;


    Corongiu Antoinette, Directrice générale CVFE ;


    Simon Régis, Directeur CRIPEL asbl ;


    Dessicy Benoite, Directrice Centre d’action interculturelle ;


    Eggen Manuel, chargé de plaidoyer à FIAN Belgium ;


    Melsens Sarah, coordinatrice de la Plateforme d’Action Santé Solidarité asbl ;


    Adam Valérie-Anne, Directrice de l’AMO Mic-ados ;


    Kreutz Chantal, asbl Sainte-Walburge ;


    Buron Jean-Yves, Vivre Ensemble Liège ;


    Rixen Paul, Le Monde des Possibles asbl ;


    Balsaux Didier, Directeur artistique pour les Royales Marionnettes ;


    Deflandre Alain, animateur-coordinateur de l’asbl Le Kraak – CEC et EDD ;


    Gerbovits Line, animatrice-coordinatrice PAC Namur ;


    Toussaint Marylène, Directrice de l’action culturelle au Centre culturel de Namur ;


    Orban Emmeline, Secrétaire générale Plateforme francophone du Volontariat asbl ;


    Robert Patrick, Direction des services de l’asbl La Galice, Mons ;


    De Munck Jean, professeur UCLouvain ;


    Pinchart Sylvie, Directrice Lire et Ecrire Communauté française ;


    Nemes Eric, Président bénévole ATTAC Liège ;


    Vandormael Luc, Président du CPAS de Waremme ;


    Lulling Anne-Hélène, Secrétaire générale de l’Interfédération des Centres d’insertion socioprofessionnelle ;


    Lacroix Joëlle, Secrétaire générale FAPEO ;


    de Thier Véronique, responsable politique, Régionale de Bruxelles de la FAPEO ;


    Forthomme Egide, Directeur de la Maison Marie-Louise
    Verviers ;


    Dutillieux Bruno, coordinateur général du Relais social urbain de Tournai ;


    Van de Ven Bart, coprésident RBDH/BBRoW ;


    Hebborn Sarah, marionnettiste ;


    Bonfanti Eve, actrice ;


    Hunstad Yves, acteur ;


    Delhaye Marie, Compagnie Karyatides ;


    Harcq Nathanaël, Directeur du Conservatoire royal de Liège ;


    Davreux Valérie, citoyenne ;


    Centurione Sabrina, citoyenne ;


    Bonfanti Mekdes, citoyen ;


    Bloch Françoise, Zoo Théâtre ;


    Vanbléricq Lauri-Anne, coordinatrice de la Chambre des Compagnies théâtrales pour adultes ;


    Nutelet Myriam, Li Mohon asbl SA-AJ Marche-en-Famenne ;


    Sommer Myriam, citoyenne ;


    Brahy Rachel, coordinatrice scientifique Maison des Sciences de l’Homme, ULg ;


    Clément Pierre, Directeur technique Festival de Liège ;


    De Michele Martine, metteuse en scène ;


    Sterck Anne-Sophie, comédienne ;


    Nossent Jean-Pierre, Directeur général honoraire Inspection de la Culture FW-B ;


    Fafchamps Jules, citoyen ;


    Van Keirsbilck Leïla, membre de Rethinking Economics ;


    Trionfo Aymeric, comédien ;


    De Michele Catherine, responsable communication Festival de Liège ;


    Blin Olivier, Théâtre de Poche ;


    Enhus Els, professeur émérite VUB ;


    Tenret Zoé, travailleuse des arts de la scène ;


    Pierard Pascale, directrice de centre culturel ;


    Hamadi Mohamed, auteur ;


    Bensalah Nouzha, sociologue ;


    Lanotte Jacques, Directeur général honoraire Affaires culturelles du Hainaut ;


    Vanandruel Catherine, représentante Fables Rondes asbl Clowns Hopital


     


     



  • Nous avons appris il y a 14 jours le décès d’un compagnon de RDC, Yacine alias Yakana. Il est décédé des suites d’un cancer ce 23 mars. Yacine luttait depuis longtemps à sa manière, via notamment ses innombrables dessins, pour rendre plus juste et nous interpeller sur le respect de notre planète et les relations entre ses habitant.e.s humains et non humains. Merci infini à lui. Ses dessins continueront à nourrir nos luttes.


    À travers ce message, toute l’équipe de Rencontre des Continents asbl, lui rend hommage et transmet tout son soutien et surtout ses pensées à sa famille et ses proches.


    Depuis plus de 6 ans RDC collaborait régulièrement avec Yakana pour illustrer nos rencontres, formations, activités diverses. Entre lucidité humoristique, radicalité politique, clins d’œil bien placés, et discussions informelles entre participant.e.s en fin d’activité...Yakana laissera des traces…


    Sur l’état du monde et le rôle de ses États, sur les impasses de nos modes de vie et de pensée, sur les luttes & les alternatives, joyeuses, foireuses et/ou imparfaites. Yacine nous laissera la trace d’un homme amoureux du dessin et de la vie, discret sur ses engagements personnels, mais concret et redoutable dans ses croquis et dessins.


    Le monde associatif francophone de nos contrées belges a été traversé ces dernières années par Yakana à travers de multiples collaborations : pour illustrer tantôt un débat – un flyers – une affiche – une assemblée générale - une BD – un enjeu politique – un désaccord...On laissera l’imaginaire de chacun se représenter un dessin de Yakana autour du thème « 3 milliards d’humain.e.s confiné.e.s »…



    Pour rendre hommage :


    > Après le confinement, quelques associations, collectifs et personnes du monde associatif envisagent de rendre un hommage à Yacine en organisant un moment de rencontre, avec ses proches et ceux.celles qui le souhaitent, autour de ses dessins et de ses nombreuses luttes. Vos contributions et témoignages sont les bienvenues.


    > D’ici là, Rencontre des Continents propose à ceux.celles qui le souhaitent et qui ont croisé de loin ou de près Yacine, de partager un moment, une phrase, une idée, un souvenir de Yacine, et/ou de l’héritage que l’ami, le compagnon de lutte, le dessinateur nous a transmis.


    Merci d’envoyer un mail avec pour objet « Hommage Yakana » à : seb.kennes@rencontredescontinents.be



    On vous partage également les liens vers des hommages et des d’organisations/collectifs militant.e.s amies et partenaires de RDC envers Yakana :


    http://www.cadtm.org/Hommage-a-Yacine-Canamas-alias-Yakana


    https://zintv.org/hommage-yacine-yakana/


    http://www.selouverture.be/nos-sorties/festival-des-libertes-21-octobre-2012


    https://www.leravi.org/medias/satire/tribune-resolument-libre-de-yakana-dessinateur-sur-les-effets-pervers-du-virus-du-conformisme


    http://haren.luttespaysannes.be/nos-realisations/livre-bd-dessins/article/bd-et-dessins


    Et pour retrouver une partie des dessins de Yacine :


    http://yakanacartoons.blogspot.com


    Sur les moteurs de recherche, avec les mots « mondes en chantiers yakana » vous trouverez quelques jolis dessins !


    Le Collectif Rencontre des Continents



  • Si tout est arrêté, tout peut être remis en cause, infléchi, sélectionné, trié, interrompu pour de bon ou au contraire accéléré. L’inventaire annuel, c’est maintenant qu’il faut le faire. A la demande de bon sens : « Relançons le plus rapidement possible la production », il faut répondre par un cri : « Surtout pas ! ». La dernière des choses à faire serait de reprendre à l’identique tout ce que nous faisions avant.


    Par le philosophe et sociologue, Bruno Latour.


    Source : https://aoc.media/opinion/2020/03/29/imaginer-les-gestes-barrieres-contre-le-retour-a-la-production-davant-crise/ 


     


    Il y a peut-être quelque chose d’inconvenant à se projeter dans l’après crise alors que le personnel de santé est, comme on dit, « sur le front », que des millions de gens perdent leur emploi et que beaucoup de familles endeuillées ne peuvent même pas enterrer leurs morts. Et pourtant, c’est bien maintenant qu’il faut se battre pour que la reprise économique, une fois la crise passée, ne ramène pas le même ancien régime climatique contre lequel nous essayions jusqu’ici, assez vainement, de lutter. En effet, la crise sanitaire est enchâssée dans ce qui n’est pas une crise — toujours passagère — mais une mutation écologique durable et irréversible. Si nous avons de bonne chance de « sortir » de la première, nous n’en avons aucune de « sortir » de la seconde. Les deux situations ne sont pas à la même échelle, mais il est très éclairant de les articuler l’une sur l’autre. En tous cas, ce serait dommage de ne pas se servir de la crise sanitaire pour découvrir d’autres moyens d’entrer dans la mutation écologique autrement qu’à l’aveugle.


    La première leçon du coronavirus est aussi la plus stupéfiante : la preuve est faite, en effet, qu’il est possible, en quelques semaines, de suspendre partout dans le monde et au même moment, un système économique dont on nous disait jusqu’ici qu’il était impossible à ralentir ou à rediriger. À tous les arguments des écologistes sur l’infléchissement de nos modes de vie, on opposait toujours l’argument de la force irréversible du « train du progrès » que rien ne pouvait faire sortir de ses rails, « à cause », disait-on, « de la globalisation ». Or, c’est justement son caractère globalisé qui rend si fragile ce fameux développement, susceptible au contraire de freiner puis de s’arrêter d’un coup.


    En effet, il n’y a pas que les multinationales ou les accords commerciaux ou internet ou les tour operators pour globaliser la planète : chaque entité de cette même planète possède une façon bien à elle d’accrocher ensemble les autres éléments qui composent, à un moment donné, le collectif. Cela est vrai du COqui réchauffe l’atmosphère globale par sa diffusion dans l’air ; des oiseaux migrateurs qui transportent de nouvelles formes de grippe ; mais cela est vrai aussi, nous le réapprenons douloureusement, du coronavirus dont la capacité à relier « tous les humains » passe par le truchement apparemment inoffensif de nos divers crachotis. A globalisateur, globalisateur et demi : question de resocialiser des milliards d’humains, les microbes se posent un peu là !


    D’où cette découverte incroyable : il y avait bien dans le système économique mondial, caché de tous, un signal d’alarme rouge vif avec une bonne grosse poignée d’acier trempée que les chefs d’État, chacun a son tour, pouvait tirer d’un coup pour stopper « le train du progrès » dans un grand crissement de freins. Si la demande de virer de bord à 90 degrés pour atterrir sur terre paraissait encore en janvier une douce illusion, elle devient beaucoup plus réaliste : tout automobiliste sait que pour avoir une chance de donner un grand coup de volant salvateur sans aller dans le décor, il vaut mieux avoir d’abord ralenti...


    Malheureusement, cette pause soudaine dans le système de production globalisée, il n’y a pas que les écologistes pour y voir une occasion formidable d’avancer leur programme d’atterrissage. Les globalisateurs, ceux qui depuis le mitan du 20ème siècle ont inventé l’idée de s’échapper des contraintes planétaires, eux aussi, y voient une chance formidable de rompre encore plus radicalement avec ce qui reste d’obstacles à leur fuite hors du monde. L’occasion est trop belle, pour eux, de se défaire du reste de l’État providence, du filet de sécurité des plus pauvres, de ce qui demeure encore des réglementations contre la pollution, et, plus cyniquement, de se débarrasser de tous ces gens surnuméraires qui encombrent la planète.1


    N’oublions pas, en effet, que l’on doit faire l’hypothèse que ces globalisateurs sont conscients de la mutation écologique et que tous leurs efforts, depuis cinquante ans, consiste en même temps à nier l’importance du changement climatique, mais aussi à échapper à ses conséquences en constituant des bastions fortifiés de privilèges qui doivent rester inaccessibles à tous ceux qu’il va bien falloir laisser en plan. Le grand rêve moderniste du partage universel des « fruits du progrès », ils ne sont pas assez naïfs pour y croire, mais, ce qui est nouveau, ils sont assez francs pour ne même pas en donner l’illusion.Ce sont eux qui s’expriment chaque jour sur Fox News et qui gouvernent tous les États climato-sceptiques de la planète de Moscou à Brasilia et de New Delhi à Washington en passant par Londres.


    Ce qui rend la situation actuelle tellement dangereuse, ce n’est pas seulement les morts qui s’accumulent chaque jour davantage, c’est la suspension générale d’un système économique qui donne donc à ceux qui veulent aller beaucoup plus loin dans la fuite hors du monde planétaire, une occasion merveilleuse de « tout remettre en cause ». Il ne faut pas oublier que ce qui rend les globalisateurs tellement dangereux, c’est qu’ils savent forcément qu’ils ont perdu, que le déni de la mutation climatique ne peut pas durer indéfiniment, qu’il n’y a plus aucune chance de réconcilier leur « développement » avec les diverses enveloppes de la planète dans laquelle il faudra bien finir par insérer l’économie. C’est ce qui les rend prêts à tout tenter pour extraire une dernière fois les conditions qui vont leur permettre de durer un peu plus longtemps et de se mettre à l’abri eux et leurs enfants. « L’arrêt de monde », ce coup de frein, cette pause imprévue, leur donne une occasion de fuir plus vite et plus loin qu’ils ne l’auraient jamais imaginé.Les révolutionnaires, pour le moment, ce sont eux.


    C’est là que nous devons agir. Si l’occasion s’ouvre à eux, elle s’ouvre à nous aussi. Si tout est arrêté, tout peut être remis en cause, infléchi, sélectionné, trié, interrompu pour de bon ou au contraire accéléré. L’inventaire annuel, c’est maintenant qu’il faut le faire. A la demande de bon sens : « Relançons le plus rapidement possible la production », il faut répondre par un cri : « Surtout pas ! ». La dernière des choses à faire serait de reprendre à l’identique tout ce que nous faisions avant.


     


    Par exemple, l’autre jour, on présentait à la télévision un fleuriste hollandais, les larmes aux yeux, obligé de jeter des tonnes de tulipes prête à l’envoi qu’il ne pouvait plus expédier par avion dans le monde entier faute de client. On ne peut que le plaindre, bien sûr ; il est juste qu’il soit indemnisé. Mais ensuite la caméra reculait montrant que ses tulipes, il les fait pousser hors sol sous lumière artificielle avant de les livrer aux avions cargo de Schiphol dans une pluie de kérosène ; de là, l’expression d’un doute : « Mais est-il bien utile de prolonger cette façon de produire et de vendre ce type de fleurs ? ».


    De fil en aiguille, si nous commençons, chacun pour notre compte, à poser de telles questions sur tous les aspects de notre système de production, nous devenons d’efficaces interrupteurs de globalisation — aussi efficaces, millions que nous sommes, que le fameux coronavirus dans sa façon bien à lui de globaliser la planète. Ce que le virus obtient par d’humbles crachotis de bouches en bouches — la suspension de l’économie mondiale —, nous commençons à l’imaginer par nos petits gestes insignifiants mis, eux aussi, bout à bout : à savoir la suspension du système de production. En nous posant ce genre de questions, chacun d’entre nous se met à imaginer des gestes barrières mais pas seulement contre le virus : contre chaque élément d’un mode de production dont nous ne souhaitons pas la reprise.


    C’est qu’il ne s’agit plus de reprendre ou d’infléchir un système de production, mais de sortir de la production comme principe unique de rapport au monde.Il ne s’agit pas de révolution, mais de dissolution, pixel après pixel. Comme le montre Pierre Charbonnier,5après cent ans de socialisme limité à la seule redistribution des bienfaits de l’économie, il serait peut-être temps d’inventer un socialisme qui conteste la production elle-même. C’est que l’injustice ne se limite pas à la seule redistribution des fruits du progrès, mais à la façon même de faire fructifier la planète. Ce qui ne veut pas dire décroître ou vivre d’amour ou d’eau fraîche, mais apprendre à sélectionner chaque segment de ce fameux système prétendument irréversible, de mettre en cause chacune des connections soi- disant indispensable, et d’éprouver de proche en proche ce qui est désirable et ce qui a cessé de l’être.


    D’où l’importance capitale d’utiliser ce temps de confinement imposé pour décrire, d’abord chacun pour soi, puis en groupe, ce à quoi nous sommes attachés ; ce dont nous sommes prêts à nous libérer ; les chaines que nous sommes prêts à reconstituer et celles que, par notre comportement, nous sommes décidés à interrompre. Les globalisateurs, eux, semblent avoir une idée très précise de ce qu’ils veulent voir renaître après la reprise : la même chose en pire, industries pétrolières et bateaux de croisière géants en prime. C’est à nous de leur opposer un contre-inventaire. Si en un mois ou deux, des milliards d’humains sont capables, sur un coup de sifflet, d’apprendre la nouvelle
    « distance sociale », de s’éloigner pour être plus solidaires, de rester chez soi pour ne pas encombrer les hôpitaux, on imagine assez bien la puissance de transformation de ces 
    nouveaux gestes barrières dressés contre la reprise à l’identique, ou pire, contre un nouveau coup de butoir de ceux qui veulent échapper pour de bon à l’attraction terrestre.


    Un outil pour aider au discernement


    Comme il est toujours bon de lier un argument à des exercices pratiques, proposons aux lecteurs d’essayer de répondre à ce petit inventaire. Il sera d’autant plus utile qu’il portera sur une expérience personnelle directement vécue. Il ne s’agit pas seulement d’exprimer une opinion qui vous viendrait à l’esprit, mais de décrire une situation et peut- être de la prolonger par une petite enquête. C’est seulement par la suite, si vous vous donnez les moyens de combiner les réponses pour composer le paysage créé par la superposition des descriptions, que vous déboucherez sur une expression politique incarnée et concrète — mais pas avant.


    Attention : ceci n’est pas un questionnaire, il ne s’agit pas d’un sondage. C’est une aide à l’auto-description6.


    Il s’agit de faire la liste des activités dont vous vous sentez privées par la crise actuelle et qui vous donne la sensation d’une atteinte à vos conditions essentielles de subsistance. Pour chaque activité, pouvez-vous indiquer si vous aimeriez que celles-ci reprennent à l’identique (comme avant), mieux, ou qu’elles ne reprennent pas du tout. Répondez aux questions suivantes :


    Question 1 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles ne reprennent pas ?


    Question 2 : Décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît nuisible/ superflue/ dangereuse/ incohérente ; b) en quoi sa disparition/ mise en veilleuse/ substitution rendrait d’autres activités que vous favorisez plus facile/ plus cohérente ? (Faire un paragraphe distinct pour chacune des réponses listées à la question 1.)


    Question 3 : Quelles mesures préconisez-vous pour que les ouvriers/ employés/ agents/ entrepreneurs qui ne pourront plus continuer dans les activités que vous supprimez se voient faciliter la transition vers d’autres activités ?


    Question 4 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles se développent/ reprennent ou celles qui devraient être inventées en remplacement ?


    Question 5 : Décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît positive ; b) comment elle rend plus faciles/ harmonieuses/ cohérentes d’autres activités que vous favorisez ; et c) permettent de lutter contre celles que vous jugez défavorables ? (Faire un paragraphe distinct pour chacune des réponses listées à la question 4.)


    Question 6 : Quelles mesures préconisez-vous pour aider les ouvriers/ employés/ agents/ entrepreneurs à acquérir les capacités/ moyens/ revenus/ instruments permettant la reprise/ le développement/ la création de cette activité ?


    (Trouvez ensuite un moyen pour comparer votre description avec celle d’autres participants. La compilation puis la superposition des réponses devraient dessiner peu à peu un paysage composé de lignes de conflits, d’alliances, de controverses et d’oppositions.)


     


    Voir l’article sur les lobbyistes déchainés aux Etats Unis par Mark Stoller, “The coronavirus relief bill"


    could turn into a corporate coup if we aren’t careful”, The Guardian, 24-3-20
    « Nous ne vivons pas sur la même planète » AOC 18 12 2019.


    Danowski, Deborah, and Eduardo Viveiros de Castro. "L’arrêt de monde." De l’univers clos au monde infini (textes réunis et présentés). Ed. Hache, Emilie. Paris : Editions Dehors, 2014. 221-339.


    Voir Dusan Kazic Plantes animées- de la production aux relations avec les plantes, thèse Agroparitech, 2019.


    Pierre Charbonnier, Abondance et liberté. Une histoire environnementale des idées politiques. Paris : La Découverte, 2020.


    L’auto-description reprend la procédure des nouveaux cahiers de doléance suggérés dans Bruno Latour, Où atterrir ? Comment s’orienter en politique. Paris : La Découverte, 2017 et développé depuis par un groupe d’artistes et de chercheurs.


     


     


     


  • En cette période difficile, nous réalisons que nous sommes des êtres de liens et que ces liens sont étendus aux autres espèces. Assumer notre interdépendance et notre fragilité, c’est aussi reconnaître nos responsabilités (ce à quoi nous avons à répondre) et regarder clairement notre lien nocif, méprisant et destructeur vis-à-vis de la « nature » et plus précisément des non-humains et des animaux.


    Nous détruisons les écosystèmes vitaux, nous y ouvrons des routes pour l’exploitation forestière, minière, l’agriculture, le tourisme. L’accès aux animaux sauvages est rendu facile. Le trafic de vies sauvages atteint jusqu’à 23 milliards de dollars par an. (https://wwf.be/fr/wildlife-cybercrime/) Miguel Benasayag nous le rappelle : « Je ne pense pas que nous soyons en guerre ou que le virus soit un ennemi. La pandémie n’est qu’une conséquence de la promiscuité entre les espèces et de la destruction de l’écosystème. Pas un accident. Penser ce dérèglement comme une guerre, c’est rester prisonnier des causes mêmes du problème. Il ne s’agit pas de vaincre mais de retrouver un équilibre. »


    Un nouveau rapport aux vivants


    Les pratiques et les récits visant à modifier notre regard et établir d’autres liens avec les animaux se multiplient, que ce soit venant des agriculteurs « bios », des maraîchers, des éthologues, des passionné.es d’animaux ou des dresseurs, des anthropologues ou des philosophes. D’autres regards, d’autres pratiques, d’autres conceptions, bien éloignées de l’animal-machine et objet. Si pour restaurer une certaine dignité à nos relations avec les animaux, certain.es nous montrent les horreurs faites à ceux-ci et dénoncent les maltraitances, d’autres nous indiquent les « services » qu’ils rendent, d’autres encore ont choisi de nous les rendre « intéressants », de nous émerveiller.



    Vinciane Despret est de celles-ci et "Habiter en oiseau", une petite merveille du genre. Depuis plusieurs ouvrages, elle s’intéresse aux pratiques des scientifiques qui font apparaître les animaux « sous de multiples visages au fil des méthodes et des présupposés d’observation : pratiques qui nous les rendent « intéressants » ! Elle s’intéresse particulièrement aux observateurs, aux observations et à la qualité des dispositifs. « Je pense qu’une recherche intéressante est une recherche sur les bons dispositifs. ». Une de ses grandes questions réside dans une boucle : comment certains chercheurs rendent-ils les animaux intéressants ? Comment certains animaux rendent-ils leurs chercheurs intéressants ?


    Emerveillement


    Nous ne résistons pas à l’envie de vous proposer les premières lignes du livre !
    « Il s’est d’abord agi d’un merle. La fenêtre de ma chambre était restée ouverte pour la première fois depuis des mois, comme un signe de victoire sur l’hiver. Son chant m’a réveillée à l’aube. Il chantait de tout son cœur, de toutes ses forces, de tout son talent de merle. Un autre lui a répondu un peu plus loin, sans doute d’une cheminée des environs. Je n’ai pu me rendormir. Ce merle chantait, dirait le philosophe Étienne Souriau, avec l’enthousiasme de son corps, comme peuvent le faire les animaux totalement pris par le jeu et par les simulations du faire semblant. Mais ce n’est pas cet enthousiasme qui m’a tenue éveillée, ni ce qu’un biologiste grognon aurait pu appeler une bruyante réussite de l’évolution. C’est l’attention soutenue de ce merle à faire varier chaque série de notes. J’ai été capturée, dès le second ou le troisième appel, par ce qui devint un roman audiophonique dont j’appelais chaque épisode mélodique avec un “et encore ?” muet. Chaque séquence différait de la précédente, chacune s’inventait sous la forme d’un contrepoint inédit.
    Ma fenêtre est restée, à partir de ce jour, chaque nuit ouverte. À chacune des insomnies qui ont suivi ce premier matin, j’ai renoué avec la même joie, la même surprise, la même attente qui m’empêchait de retrouver (ou même de souhaiter retrouver) le sommeil. L’oiseau chantait. Mais jamais chant, en même temps, ne m’a semblé si proche de la parole. … Pour ce merle, c’est le terme « importance » qui devait s’imposer. Quelque chose importe, plus que tout, et plus rien d’autre n’importe si ce n’est le fait de chanter. L’importance s’était inventée dans un chant de merle, elle le traversait, le transportait, l’envoyait au plus loin, à d’autres, … »


    Tout ce livre sera conçu pour nous mettre en « appétit pour de nouveaux engagements avec d’autres êtres qui viendront à compter. » et d’ainsi « rompre avec la sordide habitude de mettre l’humain au centre du monde et des récits, ouvrir l’histoire à des myriades d’êtres qui comptent et sans lesquels nous ne serions pas là. »
    « Non pas devenir plus sensibles (un fourre-tout un peu trop commode et qui risque tout aussi bien de conduire aux allergies), mais apprendre à devenir capable d’accorder de l’attention. Accorder prend ici en charge le double sens de « donner son attention à » et de reconnaître la manière dont d’autres êtres sont porteurs d’attentions. C’est une autre façon de déclarer des importances. »



    (https://pixabay.com/fr/photos/m%C3%A2le-merle-royaume-uni-m%C3%A2le-merle-4828699/)


    (Pour écouter le chant du merle, s’il ne vient chanter près de chez vous :
    (https://www.youtube.com/watch?v=gpdYcVIw8vw et https://www.youtube.com/watch?v=5tFhB_2dmhU )


    Un chant polyphonique


    « … car les territoires et les oiseaux ont fait penser, et c’est cela qui m’intéresse »


    Vinciane nous invite à participer à un chant mêlant oiseaux, ornithologues, naturistes, théories, explications, réflexions sur les dispositifs. A comprendre que plus on s’intéresse aux oiseaux, plus les représentations et les explications se compliquent. C’est donc aussi à un voyage dans le temps que nous sommes convié.es : comment les dispositifs d’observation ont évolué, comment les théories dépendaient des idées dominantes de l’époque et des méthodes d’observation utilisées, comment certaines explications réduisent ou au contraire amplifient la richesse du vivant, comment certaines explications « multiplient les mondes et honorent l’émergence d’une infinité de manières d’être ».
    Vinciane montre donc que si les conceptions des chercheurs importent, leurs dispositifs d’observation, leurs méthodes, équipements et outils, vont être aussi fondamentaux dans l’évolution des théories : « Le fait que savoir autrement, c’est d’abord en savoir plus ».
    Ainsi les conceptions de ce qu’est un territoire évoluent d’une propriété (régime de l’avoir) vers celle d’un processus de cohabitation et de composition « mélodique ». Le fait de pouvoir accorder aux oiseaux des biographies, notamment grâce au baguage, permet la découverte que les relations personnelles comptent. « Les dispositifs d’attention, c’est-à-dire des dispositifs qui rendent perceptibles des choses que jusqu’alors on ne remarquait pas. » importent !
    Et au gré des recherches, les grandes explications unitaires s’effritent. Tout n’aurait été qu’une question de possession ? Ou alors d’agressivité ? Ou de ressources ? Ou de transmission de gènes ? De chercheur en chercheuse, d’ornithologue en passionnée d’oiseaux, du bruant à la mouette, les observations se complexifient, les modèles explicatifs évoluent, … jusqu’à changer de statut. Ici les oiseaux sont enrichis de « tout le palabre des humains. »


    Apprentissages


    Comme le relève si bien Baptiste Morizot dans la postface, ce livre nous propose de considérer autrement ce qu’est une explication, « elle transforme le statut épistémologique des savoirs sur les oiseaux : auparavant hébergés dans l’empire impitoyable des explications, … elle les a rapatriés et recueillis dans le marché bigarré et cosmopolite de l’interprétation, qui est coopérative et intégrative. » Nous étions habitués, en sciences comme dans nos discours, à rechercher la « bonne explication », celle qui chasse les autres ou en tout cas les supplante.
    Il n’est pas question de prendre les oiseaux comme modèles pour nous, le livre ne nous donne pas de leçons en utilisant les oiseaux, dans ce geste si habituel de tout ramener à nous. Il s’agit de « kidnapper l’enquête, les sciences, les pensées des humains, pour enrichir la vie non humaine. »
    Mais je ne pense pas que ce soit un hasard si l’autrice mentionne une proposition de Donna Haraway quant à notre époque. Plutôt qu’un combat assez fatiguant et stérile entre les tenants de l’appellation Anthropocène et ceux qui préfère Capitalocène, Haraway propose de multiplier les récits, chacun de ceux-ci nous apprenant quelque chose en attirant notre attention sur une dimension différente. Ainsi « Plantationocène » qui nous invite à porter attention à l’histoire qui a précédé le capitalisme industriel ou « Phonocène », l’ère du son, l’ère où l’on entend les bruits de la terre. « Chacun des termes qui désignent notre époque attire notre attention sur des problèmes spécifiques et engage un travail différent. Tous importent, comme importe qu’on continue d’en trouver d’autres, qui nous engagerons autrement. » Que nous apprend « eurocène », poubellocène », … ?
    Le cheminement minutieux entrepris par Vinciane pour son enquête ne tente pas d’expliquer le monde, mais de le « multiplier », de « nous apprendre à devenir capables d’accorder de l’attention », et d’ainsi « rendre compte, multiplier les manières d’être, de sentir, de faire sens et de donner de l’importance aux choses. »


     


    Alors, si vous êtes intéressé(e)s à renoncer aux explications simplistes ou/et … à ne plus jamais entendre le chant du merle comme auparavant, ce livre est pour vous … !



    Merci Vinciane pour ce beau cadeau !


     


     


    Ecrit par Daniel Cauchy



  • « Le Covid-19 montre l’urgence de relocaliser
    dès maintenant les systèmes alimentaires »


    En ligne : https://plus.lesoir.be/294025/article/2020-04-12/le-covid-19-montre-lurgence-de-relocaliser-des-maintenant-les-systemes

    Le 17 avril est la journée internationale des luttes paysannes. Une occasion de remercier celles et ceux qui nous nourrissent au quotidien, et plus particulièrement encore cette année dans le contexte de la crise du Covid-19. Une crise qui rappelle l’urgence de relocaliser nos systèmes alimentaires



    La crise du Covid-19 a donné un coup d’arrêt forcé à l’économie mondialisée. La quasi-totalité des secteurs tournent au ralenti. Tous, sauf les secteurs essentiels comme la santé et… l’alimentation.


    Cette journée internationale des luttes paysannes est l’occasion de remercier celles et ceux qui, de la fourche à la fourchette, continuent inlassablement leur travail pour nous fournir une alimentation saine et durable. Plusieurs organisations paysannes, membres du mouvement international La Via Campesina, ont d’ailleurs exprimé leur détermination à poursuivre leur mission nourricière fondamentale au bénéfice de la population. Une campagne virtuelle a été lancée par plusieurs organisations en Belgique et en Europe pour les remercier (#JeSoutiensLesPaysanNEs, #RestezChezVousMaisPasEnSilence).


    Mais cette crise du Covid-19, nous interpelle une fois de plus (de trop ?) sur la fragilité du système économique mondialisé, ce géant aux pieds d’argile. Pour beaucoup d’experts, la crise et ses conséquences futures nous rappellent l’urgence de renforcer notre autonomie et notre résilience, et donc de relocaliser l’activité économique dans les secteurs essentiels que sont notamment la santé et l’alimentation. Un constat apparemment soutenu par le Ministre wallon de l’Economie et de l’Agriculture, Willy Borsus, qui a fait plusieurs déclarations récentes en faveur de la relocalisation de notre agriculture.


    Dépendance alimentaire


    On doit se réjouir de cette prise de conscience, qui va dans le sens des revendications que les mouvements paysans et leurs allié·e·s formulent depuis de nombreuses années avec un soutien croissant de la population. En témoigne l’explosion d’initiatives de ceintures alimentaires et de circuits courts dans nos régions. C’est maintenant qu’il faut passer de la parole à des actes forts et responsables envers les paysan·ne·s, populations et générations futures. Car le constat est connu, la mondialisation a enfermé les agriculteur·trice·s dans des logiques de production industrielles nocives pour eux-mêmes, pour l’environnement et pour la société, faisant disparaître 68% des fermes belges depuis 1980. Ainsi, malgré des terres fertiles et une agriculture modernisée, nous ne sommes plus à même de garantir la souveraineté alimentaire de notre population (c’est-à-dire notre droit à définir collectivement le système alimentaire que nous souhaitons, sur base d’une production locale de qualité).


    En effet, la Belgique est largement déficitaire dans de nombreuses cultures et dépend des importations de l’étranger. Et si certaines filières nécessitent d’être pensées à plus large échelle, l’ampleur de notre dépendance actuelle fragilise notre système agroalimentaire. Nous importons évidemment des produits exotiques (ananas, bananes, thé, café, cacao, etc.), mais aussi toute une série d’aliments que nous serions capables de cultiver chez nous. On constate par exemple que le taux d’auto-approvisionnement de la Wallonie (c’est-à-dire le taux de production locale par rapport à la consommation) n’est que de 17 % pour les fruits et légumes frais ; 33 % pour les céréales panifiables ; 10 à 15 % pour les élevages ovins et caprins. Nous sommes également largement déficitaires en légumineuses, huiles végétales, poissons, sans disposer de données précises. Sans oublier les importations massives de soja (pour l’engraissage des élevages industriels) et d’huile de palme qui mettent l’industrie alimentaire sous perfusion.


    De l’autre côté, notre industrie agro-alimentaire a orienté la production vers un nombre restreint de filières dépendantes des débouchés à l’exportation. Nous produisons par exemple 16 fois plus de pommes de terre que nos besoins, dont la grande majorité est exportée sous forme de frites surgelées. Le secteur de la pomme de terre a déjà annoncé que la pandémie aurait des effets catastrophiques étant donné les difficultés logistiques du transport international liées aux mesures de confinement. Autre exemple : le secteur laitier, régulièrement frappé par des crises causées par une surproduction structurelle au niveau européen. Cette surproduction fait baisser les prix et oblige sans cesse à trouver de nouveaux débouchés à l’exportation. Une situation qui impacte à la fois les producteurs laitiers chez nous, mais également les producteurs du Sud, qui ne parviennent pas à concurrencer les importations massives de lait européen à bas coût.


    Logique agro-industrielle soutenue par des choix politiques


    Cette logique agro-industrielle absurde et dépassée, bloque la diversification des cultures et la mise en place de pratiques agroécologiques et de filières courtes. Elle continue toutefois d’être entretenue par des choix politiques aux niveaux belge et européen, tels que les accords de libre-échange (CETA, UE-Mercosur) et la Politique agricole commune (PAC), qui favorisent un modèle productiviste exportateur. Il faut souligner ici une certaine ambivalence de nos responsables politiques, à l’image du Ministre Borsus, qui d’une part s’est déclaré opposé à l’accord UE-Mercosur, mais d’autre part se disait, avant la crise que nous connaissons, déterminé à renforcer le « grand export » du secteur agroalimentaire wallon en s’appuyant sur ses compétences en matière de commerce extérieur.


    Passer de la parole aux actes


    À l’heure où la Belgique et la Région wallonne vont devoir prendre des décisions historiques pour relancer l’activité après la crise du Covid-19, il est vital de ne pas retomber dans les écueils du passé et de s’engager dans un Green New Deal ambitieux. Le prochain enjeu d’un retour « à la normale » sera celui de ne pas revenir à des pratiques agricoles anormales, destructrices des paysan·ne·s (du Nord comme du Sud) et du vivant. Cette période correspond justement à l’élaboration du futur plan stratégique wallon dans le cadre de la mise en œuvre de la PAC post-2020. Dans ce contexte, les mouvements paysans et leurs allié·e·s de la société civile sont déterminés à oeuvrer à une transformation profonde de nos systèmes alimentaires vers la souveraineté alimentaire et la résilience, en solidarité avec les paysan·ne·s d’Europe et du Sud.


    Nous demandons aux responsables politiques de s’engager dans cette voie. Il est temps d’arrêter les doubles-discours et de poser des choix politiques clairs et cohérents en faveur de la relocalisation de l’agriculture vivrière et de la transition agroécologique. C’est en effet la seule voie pour rencontrer les défis urgents du monde agricole : nourrir la population au bénéfice de tou·te·s les citoyen·ne·s, nanti·e·s et moins nanti·e·s ; lutter contre les dérèglements climatiques et l’effondrement de la biodiversité ; créer des emplois décents et rémunérateurs pour les paysan·ne·s ; et redynamiser les zones rurales.


    Plusieurs organisations signataires de cette carte blanche ont lancé une action d’interpellation vis-à-vis du gouvernement wallon. Participez sur : http://www.reclaimhumanrights.net/17avril/


     


    *Un collectif de signataires : Philippe Duvivier (président de la FUGEA), Henri Lecloux et Maïté Vandoorne (co-président·es du Mouvement d’Action Paysanne), Guy Francq (président du MIG), Zoé Gallez (coordinatrice de Terre-en-Vue), Laurence Lewalle (coordinatrice du Réseau des GASAP), Jeremy Paillet (oordinateur du Début des Haricots), Eléonore Barrelet (coordinatrice d’Agroecology In Action), Marie-Hélène Lefèvre (co-coordinatrice des Brigades d’Action Paysanne), Myriam Delmée (présidente du SETCa), Felipe Van Keirlsblik (secrétaire général de la CNE-CSC), Christine Mahy (secrétaire générale et politique du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté), Christian Jonet (coordinateur de la Ceinture Aliment-Terre Liégeoise), Jean-Pascal Labille (ecrétaire général de Solidaris), Sylvie Meekers (directrice générale d’Inter-Environnement Wallonie), Jean Hermesse et Elisabeth Degryse (vice-présidents des Mutualités Chrétiennes), Arnaud Zacharie (secrétaire général du CNCD- 11.11.11), Fanny Dubois (secrétaire générale de la Fédération des maisons médicales), Emmanuelle Beguin (responsable politique agricole chez Natagora), Florence Kroff (coordinatrice de FIAN Belgium), Olivier De Schutter (co-président du Panel international d’experts sur les systèmes alimentaires durables - IPES-Food), Catherine Rousseau (chargée de projet pour la concertation de l’aide alimentaire à la Fédération des services sociaux), Michel Kervyn (président d’Oxfam en Belgique), Joelle van den Berg (secrétaire générale du Réseau IDée), Benoit Dave (président du Collectif des Coopératives Citoyennes pour le Circuit Court - 5C), Julie Van Damme (coordinatrice de la Cellule transversale de Recherches en Agriculture biologique du CRA-W), Bruno Vankelegom (président de la Fédération bruxelloise de Promotion de la Santé), Isabelle Philippe (directrice de Crédal), Marc Lemaire (Co-fondateur de Groupe One et de la Coalition Kaya), Renaud Keugten (responsable de projet pour le Réseau Aliment-Terre de l’arrondissement de Verviers), Olivier Haugustaine (secrétaire général de SOS Faim), Hélène Jane-Aluja (coordinatrice du Réseau des Consommateurs Responsables), Juliette Boulet (porte-parole de Greenpeace Belgique), Olivia Swarczburt (coordinatrice de Rencontre des Continents), Jean-François Herz et Quentin Mortier (co-directeurs de SAW-B), Hélène Debaisieux (coordinatrice de Quinoa ASBL), Thérèse-Marie Bouchat (co-directrice de la Coopérative Paysans-Artisans), Frédérique Dehaye (coordinatrice des Amis de la Terre Belgique), Vincent Oury (directeur de l’ONG Autre Terre), Hélène Capocci (chargée de recherche et plaidoyer chez Entraide et Fraternité), Antoinette Brouyaux (coordinatrice d’Associations 21), Monica Schuster (chargée des politiques alimentation et agriculture chez WWF-Belgique), Stéphane Lejoly (coordinateur de la Ceinture Alimentaire Charleroi Métropole), Marjolein Visser (professeur à l’Université libre de Bruxelles), Michel Berhin (membre de la Ceinture Alimentaire Namuroise, Virginie Detienne (directrice Crabe ASBL), Christophe Goossens (chargé de Programme chez Eclosio)


    Source : https://plus.lesoir.be/294025/article/2020-04-12/le-covid-19-montre-lurgence-de-relocaliser-des-maintenant-les-systemes


  • Suites aux mesures prises contre le Covid19 et les incertitudes concernant le déconfinement, nous ne pouvons pas assurer à ce jour, malheureusement, la Formation Peuplier. Nous préférons donc vous informer qu’elle sera reportée. Nous reviendrons vers vous avec + d’informations dès que la situation sera plus claire. Merci d’avance pour votre compréhension...et prenez bien soin de vous !


    Vous êtes éducateur.trice, formateur.trice ou animateur.trice et vous souhaitez acquérir des compétences pour pouvoir mobiliser l’alimentation comme un outil d’éducation et d’action dans vos projets, cette formation s’adresse à vous ! Toutes les infos ci-dessous  :

    POURQUOI CETTE FORMATION ?

    Le thème de l’alimentation touche de + en + de personnes et rassemble de + en + de projets dans la région Bruxelloise. Rencontre des Continents mobilise cette thématique comme point de départ de sa démarche éducative depuis 10 ans. Dans ce sens, nous sommes allés à la rencontre de groupes d´individus dont l’accès à l’information et à la formation autour de cette question de société reste encore marginal ! Après plusieurs années d’expériences, l’envie d’essaimer et de partager nos outils, nos ressources, notre posture et nos questionnements voit le jour grâce au F.I.P.I. (Fonds d’Impulsion à la Politique des Immigrés). Cette formation n’est pas une formation clé sur porte qui répondra à toutes les problématiques liées à l’accès à une alimentation de qualité pour tou.te.s mais bien une invitation sur 6 journées à partager et réfléchir collectivement (à partir de vos situations respectives) à l’éducation par l’alimentation avec des publics qui spécifiquement viennent d’autres pays, d’autres cultures, d’autres contextes...

    MÉTHODOLOGIE GLOBALE

    Expérimentations d’outils participatifs d’éducation-action (energizers, jeu de la ficelle, théâtre-image, kasala, je passe à l’acte, doutes & certitudes...) // Ateliers cuisines (écologique et politique, hybride) // Approche systémique // Mises en pratique // Travail en sous-groupes...

    FORMATRICES.TEURS

    L’équipe des permanent.e.s de Rencontre des Continents et des personnes ressources actives dans cette thématique notamment Daniel Cauchy et Astrid Galliot.

    PROGRAMME

    Horaires : 9h30 à 17h

    Lieu : Maison de la paix à Ixelles (principalement)

    Vendredi 24 Avril 2020 (cette date peut bougée selon les avancées du confinement)

    Journée 1 : présentation & intention(s) : du je au nous

    L’alimentation, tout un monde


     

    Vendredi 8 Mai 2020

    Journée 2 : L’atelier cuisine comme outil d’éduc’action

    Repenser notre assiette, retrouver du pouvoir d´agir


     

    Vendredi 15 Mai 2020

    Journée 3  : Ressources existantes

    La diversité des pratiques comme richesses éducatives


     

    Vendredi 12 Juin 2020

    Jounée 4  : Clôture du cycle

    Évaluer pour évoluer


     

    Modules complémentaires proposées


     

    Vendredi 29 Mai 2020

    Module 1 : Un métier à métisser avec Astrid Galliot (à confirmer)


     

    Vendredi 5 Juin 2020

    Module 2 : Alimentation & Genre


     


     


    MODALITÉS


     

    PUBLIC CIBLE

    DEMANDE D’INSCRIPTION

    CONSTITUTION DU GROUPE

    FRAIS DE PARTICIPATION

    LIEUX


    Éducatrice-formateur-animatrice (EFA) ou toute personne intéressée qui souhaite enrichir sa pratique professionnelle.


    Remplir ce lien pour montrer votre intérêt en vous pré-inscrivant :


    https://goo.gl/forms/6fnZCEjEBpcCEfFx1


     


    Aucun diplôme ni aucun niveau d’expression écrite ne sont requis. À la sélection des candidat.e.s, une attention particulière sera donnée à la diversité des profils qui fera la richesse du groupe de maximum 14 personnes.


    Prix association/structure : 150 euros.


    Prix individu : 75 euros.


    Le prix ne doit pas être un frein. Des solutions sont possibles ! Merci de venir vers nous pour en discuter.


    Sur Ixelles majoritairement (Maison de la paix, Centre Elzenhof, La Serre, Refresh…)

    CONTACT

    Margot Thévenin, 02/734.23.24 margot@rencontredescontinents.be


     



  • « Pour vivre, pour exister nous avons besoin de n’être pas réduit à nous même, il nous faut participer à une circulation qui passe par des gens et des choses matérielles ou immatérielles » François Flahaut



    Fruit d’un joli chemin de réflexion sur le volontariat et la question de l’engagement mené depuis quelques temps au sein de RdC avec un petit groupe de volonterres, la formation Bonsaï a finalement vu le jour en ce début de mois de mars. Un grand merci à Baptiste et Clément pour leur présence et leur grande contribution à la réalisation de ce week-end.



    VIsuels créés par Renaud, volonterre de longue date chez Rencontre des Continents.


     


    Bien qu’un peu décu.es par le grand nombre d’annulation de dernière minute (serions-nous dans l’époque de l’engagement post-it ? ou est-ce dû à l’arrivée de ce fameux Corona ?), c’est néanmoins dans la bonne humeur, la lumière, la bienveillance et la convivialité que s’est rencontré le petit groupe présent.


     



    Le soin aux actants non humains (décoration, gong, table d’accueil) sont autant d’éléments auxquels nous essayons d’avoir une attention chez Rencontre des Continents.


     


     


    Deux jours durant lesquels futures volonterres, membres de l’équipe permanente et volonterres déjà engagés ont eu l’occasion de se rencontrer ; de mieux comprendre qui est qui, qui fait quoi et que fait RdC. Découverte de certains de nos outils phares, de références théoriques et méthodologiques en lien avec nos pratiques d’éducation, rencontres, partages, introspection et propositions d’engagement ont constitué la trame de notre week-end.


    Chacun.e arrivant avec son parcours, ses disponibilités, affinités, capacités et besoins, l’intention ici était bien d’ouvrir un espace de rencontre sécurisant pour commencer à tracer avec les participant.es ce qu’on pourrait appeler un chemin d’engagement et d’apprentissages entre l’asbl et ses volonterres.


     



     


    Le don/contre don est au cœur de la philosophie de l’engagement de RdC nous voyons le volontariat comme un chemin qui se dessine et se constitue au travers de ces trois temps : donner, recevoir, rendre. Une boucle de réciprocités, d’appartenances et d’interdépendances, qui nous permet à chacun.e de créer des liens et de nous transformer, de nourrir nos identités et notre puissance d’agir. Et puisque c’est en marchant que l’on fait le chemin, l’idée est bien d’oser se lancer petit à petit et d’apprendre en marchant, plutôt que de nourrir l’illusion qu’un jour nous en saurons assez pour commencer.


    Bonsaï était donc un premier moment parmi d’autres de rencontres, de convivialité et de partage de la philosophie de RdC destiné à ses (futures) volonterres.


     


    En guise de clôture, voici une citation de Johann Wolfgang von Goethe, qu’Agathe, participante du w-e Bonzaï, nous a partagé, durant le 1er jour… Merci à elle. Une belle citation sur l’engagement, à méditer. Nous vous la partageons à notre tour à présent :


     


    « Tant que nous ne nous engageons pas, le doute règne, la possibilité de se rétracter demeure et l’inefficacité prévaut toujours.


    En ce qui concerne tous les actes d’initiatives et de créativité, il est une vérité élémentaire dont l’ignorance a des incidences innombrables et fait avorter des projets splendides. Dès le moment où on s’engage pleinement, la providence se met également en marche.


    Pour nous aider, se mettent en œuvre toutes sortes de chose qui sinon n’auraient jamais eu lieu. Tout un enchaînement d’événements, de situation et de décision crée en notre faveur toutes sortes d’incidents imprévus, des rencontres et des aides matérielles que nous n’aurions jamais rêvé de rencontrer sur notre chemin.


    Tout ce que tu peux faire ou rêver de faire, tu peux l’entreprendre. L’audace renferme en soi génie, pouvoir et magie.


    Débute maintenant. »


     


     



    Pour des raisons logistiques nous avons dû organiser ce w.e le 8 mars et n’avons donc pas pu participer à la marche pour les droits des femmes mais nous étions solidaires et présent.es en pensées !! 


     


     


     


    Et pour plus d’info sur le volontariat chez RdC, contactez Louise louise@rencontredescontinents.be 


     


     


  • Quelques chiffres, retours et images de cette journée d’occupation virtuelle pour la Journée Internationale des Luttes Paysannes. Dans ce contexte de crise du COVID 19 RdC aussi a travaillé à construire cette mobilisation et on s’est E-mobilisés ce 17 avril 2020 pour remercier celles et ceux qui nous nourrissent au quotidien et revendiquer avec elleux la relocalisation de nos systèmes alimentaires !


    Cette mobilisation est une réussite autant par toutes les personnes mobilisées, les impacts politiques, ainsi que par le travail collectif qu’on a pu abattre ensemble !


    Ensemble, et dans le contexte actuel, nous avons réussi à positionner dans l’agenda nos revendications pour la refonte de nos systèmes alimentaires.
    Des tracteurs du haut du Mont des Arts nous nous sommes organisés derrière nos ordis, et notre mobilisation était bien loin d’être immobilisée par la pandémie !



    Ce 17 avril était résolument militant : une carte blanche signée par plus de 46 organisations, plus de 400 PHOTOS de soutien au compteur, plus de 1000 INTERPELLATIONS politiques et une créativité dans la lutte à toute épreuve !! Bon c’était en ligne c’est facile mais quand même !


    Ce 17 avril était aussi pédagogique et convivial ! Avec des témoignages de paysan.ne.s du Nord et du Sud,la projection du film "MINGA voix de résistance" portant la voix de communautés en lutte en Amérique Latine, un Concert live d’Emeline Tout Court et la publication d’une boite à outils de l’agriculture paysanne (des documentaires, articles, outils pédagogiques et manières de s’engager rassemblées spécialement pour l’évènement) !


    Les LUTTES PAYSANNES ça ne s’arrête pas au 17 avril , ça continue sur le(s) champ(s), en ligne et dans la rue après le confinement‼️ Avec les paysan.ne.s nous continuerons à revendiquer ensemble une relocalisation de nos systèmes alimentaires, socialement juste pour celles et ceux qui nous nourrissent et environnementalement soutenable pour notre planète !


    Voici les photos du collectif RdC (merci à Margot pour le montage)



    On vous invite à vous tenir au courant des suites de la mobilisation sur la page FB de Agroecology In Action.

    Notre Carte Blanche reste accessible sur le site du RESAP et sur Le Soir.

    Nous vous remercions pour votre participation à cette mobilisation, pour une cause qui aujourd’hui, est plus urgente que jamais. On se revoit en réunion, en mobilisation ou dans les fermes ou sur les champs (après le déconfinement) !.


    Retrouvez ici l’intégralité des photos réalisées pour la journée !



    Et le bilan + détaillé de ce 17 avril


    En chiffres  : 


    • Le post de notre carte blanche a été partagé + de 250 fois et par de nombreuses organisations !


    • 400 photos de soutien reçues par des citoyen.ne.s à qui nous allons écrire pour les remercier et les inviter à se tenir au courant des suites...


    • 1000 interpellations politiques envoyées par mail ou tweet aux ministres via l’outil http://www.reclaimhumanrights./


    • Des réponses du Président-Ministre wallon Di Rupo, de la Ministre wallonne de la transition écologique Céline Tellier et du Ministre wallon de l’agriculture Willy Borsus


    • 1.100 participant.es sur la page de l’événement FB


    • 1.400 intéressé.es sur la page de l’événement FB


    • Un programme en ligne suivi par des centaines de personnes le 17 avril


    • Une boîte à outils remplie d’idées reste accessible ICI pour soutenir les paysan.ne.s !


    Au niveau politique :
     

    • Vous trouverez la réaction politique de Elio Di Rupo et notre première réaction ici : www.reclaimhumanrights.net/17avril/
       
    • Willy Borsus a également répondu par mail via une réponse type à toutes les personnes qui l’avaient interpellé, le GT Plaidoyer prépare une réponse collective qui lui sera envoyée au nom de nos organisations. Cette réponse sera également communiquée publiquement sur les réseaux et les pages web de AIA et du RESAP
       
    • Nous maintenons la pression pour obtenir une rencontre avec Willy Borsus sur l’objet de notre carte blanche avec en parallèle un travail de préparation politique interne.
       
    • Nous maintenons nos contacts avec le monde académique et scientifique qui se penche actuellement sur la crise du COVID & de l’état actuel de nos systèmes alimentaire.


    Nous ne sommes pas seuls dans ce mouvement, retrouvez ici 3 cartes blanches & un article reflétant d’autres prises de position d’acteurs avec qui nous sommes en lien.



     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     


     
     


     


  •  Source : https://www.bastamag.net/contrat-saisonnier-agricole-condition-de-travail-SMIC-pesticides-TMS-covid19-coronavirus


     


    Face au manque de main d’œuvre étrangère, plus de 200 000 personnes se sont portées candidates pour rejoindre des exploitations agricoles. Des professionnels s’inquiètent cependant de cet afflux précipité de travailleurs, mal préparés à affronter des conditions d’emploi difficiles, voire dangereuses.


    « Rejoignez la grande armée de l’Agriculture française. » En dépit des mesures de confinement, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a appelé le 24 mars celles et ceux sans activité ou au chômage partiel à « travailler dans les champs ». Cette déclaration a mis en lumière tout un pan de l’agriculture française qui vit d’emplois saisonniers habituellement pourvus par des dizaines de milliers de ressortissants venus de Roumanie, de Pologne, du Maroc ou d’Espagne [1].


    La crise du coronavirus confirme également la proximité du gouvernement avec la FNSEA, syndicat agricole majoritaire. Le jour même de la déclaration de Didier Guillaume, la FNSEA a lancé une plateforme mettant en relation agriculteurs et « volontaires », avec l’appui de Pôle emploi et de l’Anefa (Association nationale pour l’emploi et la formation des agriculteurs). Une semaine plus tard, plus de 200 000 personnes avaient répondu à l’appel « Des bras pour ton assiette », conformément à l’objectif annoncé par le syndicat [2]« Il y a d’abord eu un flou sur "la grande armée de volontaires", beaucoup l’ont compris comme "bénévoles". Or, on parle bien de personnes rémunérées. Un peu plus de précision de la part du ministre de l’Agriculture aurait été nécessaire », souligne Pénélope Bourcart, médiatrice-juriste à l’association Solidarité Paysans en région Provence-Alpes, qui a reçu de nombreux appels à ce sujet.

    Jusqu’à 72h de travail par semaine


    Les contrats proposés sont donc des contrats saisonniers, très répandus en agriculture, dont la base légale est le Smic [3]« C’est un CDD au rabais », prévient Clément*, un inspecteur du travail en milieu agricole. « Il est prévu par la loi que le contrat saisonnier ne donne pas lieu à l’indemnité de précarité », illustre t-il. Le montant de cette indemnité de précarité correspond – normalement – à 10% de la rémunération brute totale perçue pendant la durée du contrat.


    Pour faciliter les embauches, le gouvernement a autorisé les salariés en chômage partiel à cumuler leur indemnité avec un contrat saisonnier agricole. « La date de fin peut ne pas être définie dès le départ du contrat », indique Pénélope Bourcart, en raison par exemple des aléas climatiques qui peuvent retarder la récolte. Mais « la fin du confinement mettra t-elle automatiquement fin au contrat saisonnier ? » La juriste s’interroge. Une incertitude qui met en difficulté les agriculteurs, telle cette productrice de melons en Sud-Vendée : « Il y a des gens qui candidatent mais c’est souvent pour une durée trop courte pour nous, car on a besoin de personnes qu’on embauche pour six mois. La plupart des candidats sont en chômage technique ou en intérim, donc ils sont susceptibles de repartir rapidement. »


    La question du temps de travail pose aussi un sérieux problème. De fait, le code rural est un sous code du travail, qui offre de nombreuses dérogations aux employeurs. « Il y a une certaine tradition des exploitations agricoles à affecter des salariés à leurs postes de travail bien au delà de 10h par jour et de 48h par semaine, observe Clément, ce qui est largement permis par le code rural. Les exploitants n’ont rien à justifier pour dépasser les 10h de travail par jour, et pour aller jusqu’à 72h par semaine. » En outre, ce code ne permet pas de sanctionner par une amende administrative les exploitants qui violeraient le dépassement de la durée maximale quotidienne, contrairement aux autres entreprises.

    Souvent les tâches les moins qualifiées et les plus pénibles


    « Les contrats saisonniers sont réservés aux tâches les moins qualifiées et les plus pénibles, répétitives », ajoute Clément. Chez les céréaliers, cela va surtout concerner des tâches d’appoint comme le transport à la main de matières lors des moissons par exemple, ou le ramassage manuel des haricots verts chez les maraichers où il faut rester courber durant des heures. Un travail physique qui induit une souffrance inhérente. « On est exposés lors de la cueillette ou du ramassage à des troubles musculo-squelettiques en permanence », précise l’inspecteur du travail. Les postes les plus techniques dans une exploitation agricole font eux, en général, l’objet d’un contrat en interne à l’année.


    « Si le confinement s’étend jusqu’aux périodes où il fait très chaud, cela veut dire qu’il va falloir travailler à 50 degrés sous les serres avec des gants, des masques... ça va être très difficile », souligne Pénélope Bourcart. Les contrats saisonniers permettent par ailleurs souvent de passer à travers les maillons de la visite médicale. « Il n’y a pas de visite médicale en dessous d’un contrat de 45 jours », alerte Clément.


    Ce dernier redoute également les accidents du travail. « On va envoyer des gens qui sont très éloignés du monde agricole dans des exploitations où l’on utilise des machines très dangereuses. » « Un tracteur est doté d’une prise de force qui renvoie l’énergie du tracteur à l’accessoire, illustre t-il. Cette prise c’est 500 à 1000 tours par minute. Le problème concerne la circulation de personnes autour du tracteur. On peut se faire arracher le bras. »


    La carte ci-dessus recense, depuis janvier 2019, les accidents du travail répertoriés chaque jour dans toute la France. Parmi eux, des agriculteurs morts au travail après avoir été « happé par une machine », « écrasé par un tractopelle »« chargé par un taureau », à la suite d’un « accident de tracteur »... (Source : @DuAccident)

    Risques « impensés » d’exposition aux pesticides


    Le ministère de l’Agriculture a t-il pris la mesure du risque phytosanitaire ? « C’est vraiment un impensé en matière de réglementation, estime Clément. On est face à des mélanges de produits dont on ne sait pas évaluer le degré de toxicité ni la durée limite d’exposition. » Tout repose sur la protection individuelle avec des équipements de type combinaison, lunettes de protection et gants. « Mais ce n’est pas de la magie, poursuit-il. Le salarié peut ne pas le porter ou mal le porter, et ça n’a de toute façon pas un niveau de protection suffisant par rapport aux produits toxiques. » Il n’existerait pas non plus de dispositif de protection collective suffisant lors du mélange des produits. « Il ne faut pas que ce soit les saisonniers qui manipulent ou appliquent le produit, ce serait criminel, une formation est nécessaire. » Lorsqu’un produit phytosanitaire est épandu, une période de carence oscillant entre 4h et 48h doit normalement être appliquée avant d’entrer sur le champ.


    Séverine, infirmière, voyait régulièrement des salariés travaillant dans des serres de tomates lorsqu’elle était vacataire à l’Office français de l’immigration et de l’intégration, à Rennes [4]. Le souvenir d’une salariée originaire de Mongolie l’a particulièrement marquée. « Sa petite fille de 18 mois avait des malformations aux extrémités des doigts et des pieds. » Une visite chez un généticien a confirmé que la malformation n’était pas génétique mais bien liée à l’environnement. « Un médecin de Générations futures a ensuite confirmé que les malformations étaient dues aux substances dont le corps de la maman était imprégnée, en expliquant que ces substances faisaient l’effet d’une débroussailleuse dans le fœtus... »

    « L’agriculture industrielle n’est ni propre, ni saine, ni durable »


    Séverine a également été amenée à rencontrer d’autres salariées travaillant sous serre qui avaient fait des fausses couches à sept et huit mois de grossesse. « Une visite de l’inspection du travail avait confirmé l’utilisation dans ces serres de substances interdites en France », se remémore Séverine, évoquant des conditions de travail terribles. « Elles n’avaient pas le droit à la pause pipi, devaient manger sous les serres et se rinçaient les doigts au goutte à goutte dans les serres imprégnées par les substances chimiques. J’étais vraiment révoltée. On achète des tomates locales, sauf que c’est de la merde ! »


    Un sentiment de révolte partagé par le journaliste Fabrice Nicolino, après avoir entendu le ministre de l’Agriculture demander à rejoindre « celles et ceux qui vont nous permettre de nous nourrir de façon propre, saine, durable »« C’est de la propagande », dénonce Fabrice Nicolino. « L’agriculture industrielle n’est ni propre, ni saine, ni durable. Les pesticides au cœur de ce système menacent la santé des paysans et la stabilité des écosystèmes. » Si l’initiateur du mouvement des Coquelicots appelle à aider les voisins paysans à la peine, il réaffirme son engagement « pour des campagnes habitées par de très nombreux paysans, bien payés et bien considérés parce qu’ils prendraient en compte les intérêts de tous les hommes et de tous les êtres vivants ». Sans pesticide de synthèse, donc.

    Des métiers peu valorisés, mais qui dissimulent des « compétences fortes »


    Pour s’inscrire sur la plateforme « Des bras pour ton assiette », il suffit d’« être en bonne santé » et de « ne pas faire partie des personnes à risque ». Le profil est ensuite proposé automatiquement aux agriculteurs. « C’est n’importe quoi », soupire Dominique Técher, viticulteur en Gironde. « N’importe quel travailleur serait remplaçable sous prétexte qu’il est au bas de l’échelle de la qualification. Or, pour ramasser les fraises par exemple, il y a un tour de main, un savoir-faire. Un fraisiculteur de Dordogne avait pris les bonnes volontés mais il a constaté qu’il lui fallait dix travailleurs au lieu des trois saisonniers qu’il prenait habituellement. Il a arrêté de prendre des personnes et va ramasser ce qu’il peut. » Une bonne partie de la production sera probablement amenée à pourrir sur le champ. « On a besoin de contrats de formation car personne ne s’y retrouve », estime Dominique Técher. « C’est une gestion à l’emporte-pièce ! »


    « Le message du ministre de l’Agriculture a pu paraitre un peu méprisant pour les emplois agricoles, appuie Pénélope Bourcart. « Ça reste un métier où il faut être formé, même pour cueillir et mettre en barquette, sinon ce n’est pas rentable. » Un des adhérents de l’association Solidarité paysans attendait par exemple une équipe formée pour faire des greffes sous serres. Il hésite à ce stade à recruter des volontaires qui n’ont pas d’expérience.


    « Il faut distinguer ce qui relève des salariés saisonniers - beaucoup ont l’image des étudiants vendangeurs pour trois semaines - de ceux qui reviennent régulièrement sur les exploitations avec une connaissance du monde agricole », précise Clément, inspecteur du travail. Ces derniers ont l’habitude de travailler dans ce secteur, et les agriculteurs apprécient en retour de voir revenir d’une année à l’autre une large partie de leurs travailleurs saisonniers. « Ils leur font confiance, ils savent comment ça se passe dans l’exploitation. Il y a une tendance à penser que le travail pénible est un travail peu qualifié. C’est une vision socialement construite où l’on dévalorise le travail manuel. Le travail saisonnier peut exiger des gestes extrêmement techniques et des compétences fortes. »

    Gestes barrières à minima


    La période actuelle est cruciale pour les maraichers avec les semis de printemps. Il faut aussi cueillir les végétaux qui arrivent comme les fraises ou les asperges, puis ce sera les courgettes, petits pois, haricots verts... « Il y a quelques exploitations maraichères où ça va être compliqué de mettre en œuvre les gestes barrières, notamment sous serre où il y a en ce moment une prééminence végétale. Ça va être difficile d’être à un mètre les uns des autres à moins de revoir profondément l’organisation du travail », estime Clément, inspecteur du travail. La distanciation sociale reste plus facile dans les champs mais se pose la question de l’accès aux équipements - savon ou gel hydroalcoolique, gants, masques...


    En cette période de pandémie, la Mutualité sociale agricole (MSA) précise autoriser le covoiturage des saisonniers agricoles, avec « deux personnes par véhicule avec installation en croix (un devant / un derrière. » [5]. L’hébergement pose aussi question en ces temps de confinement où toutes les structures sont fermées. Là encore, la MSA autorise l’hébergement des saisonniers dans les exploitations agricoles, en attribuant, « si possible, une chambre par salarié ». A défaut, précise t-elle, « espacez davantage la distance entre chaque lit (au moins 1 mètre) ». Des gestes « barrières » qui semblent surtout bien insuffisants...

     


    Olivier Bel, porte-parole de la Confédération paysanne en Provence-Alpes-Côte d’Azur ne décolère pas : « On met en place des forces de police pour maintenir le confinement et en même temps, on envoie du monde dans les champs sans avoir mis en place les mesures nécessaires pour préserver la main d’œuvre. Cet appel donne l’impression qu’il faut de la chair à canons. Ce n’est pas possible de respecter les gestes barrières, on le voit bien dans les travaux qu’on fait chez nous : au bout d’un moment tu repars sur un rythme de travail quotidien avec un objectif de rendement et d’efficacité. » De son côté, Clément, l’inspecteur du travail, a reçu une invitation de sa direction générale à ne pas contrôler. Une note interne demande de ne pas prendre d’initiative. Les inspecteurs du travail sont priés de s’en tenir à un rôle de conseil, par téléphone.


    - Lire à ce sujet : Intimidations contre les inspecteurs du travail qui veulent protéger les salariés exposés au virus

    Maintenir un système qui « pousse tout le monde dans le mur »


    Cette crise met en évidence la fragilité de certaines productions, totalement dépendantes d’une main d’œuvre très précarisée, estime Olivier Bel, de la Confédération paysanne : « Cette production en volume est pour une grande partie destinée à l’exportation. On ne sait pas, en l’état, à quoi elle va servir. Faut-il récolter à tout prix ? Ne vaut-il pas mieux indemniser les producteurs de ces exploitations plutôt que de les conforter dans un système qui pousse à exploiter la main d’œuvre, industrialiser et pousser tout le monde dans le mur ? Il est plus que temps de repenser les modèles de production ! »


    Alors que la plateforme « Des bras pour ton assiette » communiquait sur les 200 000 volontaires, la préfecture de Seine-et-Marne a annoncé qu’elle mobilisait, pour ces travaux agricoles, des demandeurs d’asile logés dans les hébergements d’urgence. Face au tollé, elle a précisé qu’ils seront « rémunérés comme tous les ouvriers agricoles avec un titre de travail », et qu’ils « travailleront dans les conditions sanitaires garanties ». Le 30 mars, la Commission européenne a également invité les États membres à considérer les saisonniers et les travailleurs détachés du secteur agricole comme « des professions critiques » et à faciliter leur libre circulation. Face à ces annonces, Olivier Bel se désespère : « Tout est fait pour maintenir un système qui ne rémunère pas les paysans et qui précarise et appauvrit les travailleurs ».


    Sophie Chapelle


    Photo : CC FlickR


     


     


     


     


  • "La période de confinement que nous subissons et la fermeture temporaire de presque tous les commerces de proximité, à l’exception notoire de ceux consacrés à l’alimentation, est en train de faire exploser le commerce en ligne.


    C’est ainsi qu’Amazon, le géant américain du secteur a vu son chiffre d’affaires augmenter dans des proportions inédites. Quant à son fondateur et patron, Jeff Bezos, il a enrichi son petit patrimoine de 24 milliards de dollars depuis le début de l’année !


    Il est de notoriété publique qu’Amazon impose à ses employés des conditions de travail humainement insupportables (lire à ce sujet l’excellent ouvrage de Jean-Baptiste Malet : En Amazonie aux éditions Fayard, 2013).



    Ces derniers temps, Amazon s’est à nouveau illustré sur le même terrain en appliquant a minima les mesures sanitaires indispensables contre le coronavirus. Il y a quelques jours, le tribunal de Nanterre en France a enjoint Amazon à limiter ses activités dans l’attente d’une évaluation des risques face au coronavirus. Amazon a réagi en fermant ses sites français jusqu’au 20 avril inclus, tout en annonçant que les autres sites européens suppléeraient à cette carence momentanée pour servir sa nombreuse clientèle. Par ailleurs, selon le Financial Times, Amazon a annoncé vouloir engager 175 000 personnes supplémentaires, profitant de la demande nouvelle offerte par les fermetures d’entreprises là où la protection sociale est limitée (comme aux Etats-Unis). La multinationale joint ainsi le cynisme au mépris.



    Nous ne pouvons pas être complices des pratiques les plus ignobles du capitalisme prédateur en alimentant par nos commandes une dynamique méprisable. Ce sont les commerces de proximité qu’il faut aider. Un peu de patience : ce sont eux qui doivent contribuer à la nouvelle économie post-confinement.


    Les temps sont difficiles pour beaucoup d’entre nous. Mais en aucun cas, nous ne pouvons par facilité perdre la tête au point de servir les pires ennemis de l’humanité.


    Il faut boycotter Amazon et convaincre autour de nous de la pertinence de cet acte citoyen."


     Paul Lannoye
     Président du Grappe



    Grappe ASBL- Rue Raymond Noël, 100 5170 Bois de Villers.
    www.grappe.be  ; info@grappe.be


     


    Communiqué de presse du 21 avril 2020


  • Les documentaires ont un pouvoir incroyable pour sensibiliser et créer des changements transformateurs dans la conscience aux niveaux personnel et mondial. Un monde plus beau, juste et durable est possible. Parcourez cette bibliothèque de "FilmForAction" et utilisez-la pour inspirer un changement global !



    Au cours des [13] dernières années, "FilmForAction" a regardé des centaines de documentaires sur le changement social et a catalogué les meilleurs d’entre eux sur ce site. Voici leur liste des 100 meilleurs - triés sur le volet pour leur qualité, leur perspicacité et leur potentiel pour inspirer un changement positif.


    Tous les films ont été sélectionnés car ils sont soit gratuits à regarder en ligne, soit louables en ligne. Il y a plusieurs films que "FilmForAction" aurait aimé ajouter à cette liste, mais ils ne disposent actuellement d’aucun moyen accessible pour les visionner. À mesure que cela change, "FilmForAction" met à jour cette liste au fil du temps. Enjoy !



    Source : https://www.filmsforaction.org/articles/the-top-100-films-for-action/

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