Présentation du Livre "Le plus grand défi de l’humanité" d’Aurélien Barrau par Daniel Cauchy « Nous avons tout à réinventer et voilà qui est enthousiasmant ! »


Le plus grand défi de l'histoire de l'humanité


L’auteur s’est fait connaître du grand public lors de l’appel lancé dans le journal Le Monde du 3 septembre 2018, signé par 200 scientifiques, artistes et philosophes. Sur des thèmes aussi variés que « la vérité dans les sciences », les trous noirs ou les relations sciences – art, il parvient à être passionnant et même compréhensible ! Sauf bien évidemment par certains, qui sont surtout préoccupés par la longeur de ses cheveux ou les bracelets qu’il porte au poignet.


Quelques vidéos (dont la conférence Climax : Harceler le politque face aux catastrophes) sur le même thème rendirent cet astrophysicien philosophe très médiatique.


 


Quand il sort de ses spécialités (physique des trous noirs et cosmomlogie entre autres) il se présente simple citoyen, tentant de relayer auprès du grand public et des politiques le désarroi de ses collègues climatologues et biologistes. Il assume son propos comme naïf et le revendique, estimant « vital de porter par tous les moyens possibles la question cruciale ici évoquée au coeur du débat public et au centre de l’action politique. » Il écrit en tant « qu’habitant de le Terre et membre de la tribu des vivants » ! Pour lui, nous sommes dans une « métacrise » : « le plus grand défi de l’histoire de l’humanité », un « crime contre la vie ».


 


Cette « question cruciale » ne se limite donc pas au réchauffement climatique. Il écrit dans son premier chapitre, nommé « le constat » : « Nous faisons face à une situation sans précédent. L’avenir est en danger. » L’édifice de la vie est fragile, nous y sommes inclus et cet édifice est en danger. La vie se meurt … ! La sixième extinction massive de l’histoire de la Terre est en cours. La protection du vivant ne peut plus dorénavant constituer un chapitre de nos préoccupations, mais en devenir l’élément centre, le noyau.


Mais pour l’auteur la révolution écologique ne peut qu’aller de pair avec une révolution sociale, économique, politique, philosophique, poétique, éthique.


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       Marina Bitter


 


La plupart d’entre nous n’obtiendront peut-être pas d’informations nouvelles avec ce petit livre mais il reprend, tant « entre les lignes » que dans le texte, plusieurs des questions fondamentales de notre époque : un rapport aux sciences ou qui parle ? Une redéfinition du progrès ou que voulons-nous ? Une transformation de nos modes de vie ou qui change ? La nature des satisfactions ou qu’est-ce qui nous rend heureux ? Les impasses sont multiples.


Si la question climatique est bien souvent mise en avant actuellement, la perte de biodiversité, l’effondrement du vivant, constaté déjà bien avant les effets de la perturbation climatique, prend une place fondamentale dans son essais. « Le dérèglement du climat n’est donc pas – tant s’en faut – le seul motif de préoccupation alarmant. » Disparition des écosystèmes, océans de plastique, déforestations, pollutions, … nous ne laissons plus de place pour les vivants non humains » !


 


Le défi qui se pose à nous est d’une complexité incroyable. Il nous faut « redessiner notre manière d’habiter le monde »


Grande proposition donc, si difficile encore à accepter : nous dépendons de la cathédrale du vivant. Et ceci engendre des changements tant techniques, politiques, économiques que philosophique, éthique et esthétique. « … c’est toute notre conception de la nature qui doit être urgemment repensée. » 


 


Dans les chapitres suivants (Des ébauches d’évolutions simples, L’évolution profonde), il nous propose de multiples pistes d’action. Ce qui est intéressant, c’est la richesse, nous dirions la complexité, de ses propositions. Il n’y a pas une chose à transformer, mais de multiples gestes quotidiens, notre façon de penser le monde, le rôle des politiques, notre idée du bonheur … 


Si l’une des forces de la proposition d’Aurélien Barrau est son appel aux décisions politiques fortes, c’est surtout grâce à son art d’expliquer en quoi des restrictions de liberté sont indispensables pour que nous puissions être libres ! 


 


Difficile de ne pas proposer le lien avec le très bel article d’Emeline De Bouver dans le Magazine Symbiose 122.  Elle développe cette idée des engagements multiples : « Ma proposition serait en effet de développer une vision globale des défis qui nous attendent. Le défi écologique n’est pas uniquement une invitation à changer nos comportements de consommation au quotidien, c’est aussi un défi politique, relationnel et culturel. Mais comme on ne peut pas chacun.e tout faire, l’idée serait de se diviser le travail, de s’investir davantage dans certains domaines tout en valorisant les formes d’engagement autre que les siens. … Soutenons plutôt une proposition plurielle des modes d’engagement dans la transition. »


 


Un petit livre à s’offrir et à offrir autour de soi. Accessible pour la modique somme de 8,70€ !

du lundi 1er juillet 2019 au lundi 30 septembre 2019

août 2019 :

juillet 2019 | septembre 2019

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